26/06/2009

Spinnerette - Spinnerette

Spinnerette_Album_CoverUn rapide recadrage : Brody Dalle, la chanteuse de Spinnerette, est l'ex-chanteuse des très punk Distillers, et l'ex-madame Tim "Rancid" Armstrong. Maintenant, elle est mariée à Josh Homme (Queens of the Stone Age), et donc, fait du QOTSA. Juste? Pas loin, en fait.

Spinnerette est censé être un nouveau groupe, mais aux membres très expérimentés : à Dalle s'ajoutent un autre ex-Distillers, Tony Bevilacqua (guitare) mais aussi Alain Johannes (QOTSA, Eleven) à la basse, et cette vieille branche trop rare de Jack Irons (Red Hot, Pearl Jam) derrière les fûts. Pas d'amateurisme, donc.

Ghetto Love, premier morceau, sonne effectivement plus QOTSA que nature, mais l'album est étonnament varié, avec comme point commun la voix de Brody, totalement inmanquable et inimitable. Elle peut irriter, certes, mais n'empêche, c'est elle qui porte Spinnerette sur ses épaules, d'ailleurs, vu que le groupe varie selon les tournées, on peut dire qu'elle est Spinnerette.

Et donc, l'album se passe tranquillement, sans coup d'éclat majeur mais sans baisse de régime. Et c'est là son principal défaut : on a rien vraiment à dire, c'est bien, mais sans plus, quoi. Brody s'essaie un peu aux beats dance (Baptism By Fire) et essaie de chanter (le joli Distorting The Code), mais tombe parfois dans le lourdaud (Sex Bomb, même si je n'oserais jamais dire ça à Josh). Pas mauvais, mais pas franchement intéressant non plus. Dommage.

14:05 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/06/2009

Blur - Midlife : A Beginner's Guide to Blur

Midlife_blurLors de la première vie de Blur, avant le récent et sensationnel retour de Graham Coxon, un Best Of était sorti, en 2000. Il avait été sévèrement critiqué, voire ridiculisé, car il ne comprenait que les gros succès du groupe, étant ainsi plus proche d'un Greatest Hits, et omettant ainsi énormément d'excellents morceaux d'album. Midlife (évidemment une opportunité d'encaisser du pognon sur le dos de leur tournée estivale, mais c'est comme ça que le business fonctionne, maintenant) corrige le tir, en modifiant drastiquement la liste des chansons.

Non seulement Midlife ajoute une quinzaine de morceaux, mais il en retire aussi sept, ce qui peut sembler étonnant. Néanmoins, malgré leur succès commercial, Country House et Charmless Man ne constituent pas vraiment des morceaux de choix, contrairement à To The End ou No Distance Left To Run, mais il fallait faire des choix. De même, pas d'inédits. On aurait sans doute pu racler les fonds de tiroirs, mais non, on a ici simplement 25 extraits déjà connus (et quelques versions alternatives). Enfin, les modifications ont sans doute aussi un but commercial, le pauvre gars qui avait déjà The Best Of a quelques bonnes raisons d'acquérir celui-ci. Même s'il est probable qu'il a depuis chopé d'une manière ou d'une autre la discographie du meilleur groupe anglais des années 90. L'album valant totalement la peine qu'on s'arrête à chaque morceau, voici donc le premier track-by-track de l'histoire de Music Box.

Beetlebum entame les affaires, avec un riff étonnant, même après 30 000 écoutes. Graham Coxon, je l'ai déjà dit maintes fois, est un guitariste absolument exceptionnel, et le prouve d'entrée, avec donc ce riff mais aussi un anti-solo époustouflant. Il est ici juxtaposé au premier gros succès du groupe, Girls and Boys, qui n'est finalement qu'un fantastique tube ironique qui explicite très bien un des thèmes dominants de Blur (même si cela concerne surtout leurs quatre premiers albums), une observation de la société qui n'a sans doute d'équivalent que chez Morrissey. For Tomorrow tombe d'ailleurs exactement dans le thème, on regrettera juste qu'il est présent dans une version alternative un peu traînaillante.

Retour au Royaume de Saint Coxon, avec Coffee + TV, single qu'il chante lui-même. C'est non seulement un moment important dans sa carrière (ses albums solo le prouvaient, et le prouveront encore ensuite) mais aussi le morceau le plus catchy et accessible de 13. Est-ce la peine de dire que son solo de guitare, qui rappelle J Mascis et Thurston Moore, est impeccable? Le final a maintenant un goût particulier : "We can start all over again". Ensuite, Out of Time est justement un des deux morceaux sans Coxon, extrait de Think Tank. Coxon avait quitté (avec fracas) le groupe pendant l'enregistrement de celui-ci, avant de revenir au bercail cette année. Influencé par les expériences africaines de Damon Albarn, Out of Time a totalement sa place sur l'album.

Un des grands intérêts de Midlife, c'est d'inclure des extraits d'albums, et pas seulement des singles. Premier exemple, Blue Jeans, un des meilleurs extraits de Modern Life Is Rubbish, dont le refrain est exactement parfait. Désolé de remettre de l'huile sur ce vieux truc, mais le jour où un Gallagher fera ça... Song 2. Gimmick, mais tellement efficace. Bon exemple du jeu de basse d'Alex James, parce qu'aussi étrangement que cela puisse paraître, le boom du refrain vient principalement de la "lead bass". Pas leur plus grand morceau mais peut-être leur plus connu, surtout aux USA. Ben oui, 2 minutes d'attention,et tout ça, ça marchait super bien aux matches de hockey. L'album est vraiment bien compilé, car après Song 2 arrive Bugman, aux paroles tout aussi obliques et à la disto puissante, cette fois sur la guitare. Excellente illustration de l'expérimentation de 13, je ne m'attendais pas à le trouver ici, surtout qu'après trois minutes, le morceau part dans tous les sens sans jamais revenir à la mélodie de départ.

Autre surprise, He Thought of Cars. The Great Escape, malgré son succès, est le mal aimé dans la disco de Blur. Trop cohérent (!), trop proche de Parklife (leur précédent, et premier gros succès), et sans doute pas assez mémorable. La compile réussit pourtant à extraire trois morceaux excellents, dont celui-ci, parfait représentant du ton tragico-mélancolique de l'album. Gros choc sur le morceau suivant. Death of a Party montrait le début de la phase expérience de Blur, qui allait connaître son paroxysme avec 13. Le morceau est non seulement compris ici (autre surprise) mais dans une version différente, encore plus étrange et supérieure à la version sur Blur. Fantastique morceau, et jusqu'ici, Midlife fait un sans faute.

L'ambiance change de nouveau avec la mégaballade The Universal, qui rappelle à jamais son clip ambiance Orange Mécanique. Une des plus délicates oeuvres jamais mises en musique, The Universal donne envie de rire et de pleurer en même temps, ce qui, vu le thème, est exactement ce qui était voulu. It really, really could happen. And it did happen, si l'on continue la relecture des paroles. Toujours sans transition, on passe à un extrait (le premier, et un des deux) de Leisure, le premier album. Sing, qui se trouve aussi sur la BO du très 90s Trainspotting montre la face shoegaze des débuts d'un groupe qui se cherchait. Pas exactement convaincant, mais il fallait l'inclure, au moins pour le refrain déjà très albarnesque. Enfin, le premier cd se termine avec l'emblématique This Is A Low, candidat classique au titre de meilleur chanson de Blur ou des 90s en général. Des paroles romantiques sur une Angleterre qui ne subissait pas encore Pete Doherty, et surtout, un solo de guitare totalement légendaire. Ainsi se clôture la première moitié de Midlife, probablement le disque le plus exceptionnel qu'il m'ait été donné d'entendre. Tout simplement.

La seconde partie est moins percutante, c'est vrai. Mais elle ne comprend évidemment pas de mauvais morceaux, même si on commence à regretter l'une ou l'autre absence...

Tender. Premier extrait de 13, et single totalement bizarre pour le Blur de l'époque, même si Blur aurait du nous mettre sur la voie. Choeurs gospel, backing vocals à fleur de peau de Coxon, c'est une superbe intro pour 13, et aussi pour ce disque. She's So High est le tout premier single du groupe, et dès les premiers accords, on pouvait déjà déceler que quelque chose de spécial allait se passer. C'est aussi le dernier extrait de Leisure, puisque There's No Other Way n'a pas été repris. Ensuite arrive un nouvel extrait de Modern Life Is Rubbish, Chemical World. Même si le morceau est assez bien considéré, je ne l'ai jamais trop apprécié. Mais c'est vraiment une question de détails. Un autre extrait de Think Tank (le second sans Coxon, donc) suit, et c'est le très sympathique Good Song. Excellent morceau, mais on sent que depuis Tender, le niveau a peut-être un peu diminué. Mais Albarn n'a sans doute jamais chanté aussi bien ("you seem very beautiful to me..."). Coxon ou pas, Think Tank, quand il est bon, est vraiment bon. Parklife, pour moi, n'a jamais été autre chose qu'un morceau gimmick, une suralbionisation Britpop racontée par Phil Daniels. Il devait être sur l'album, clairement, mais ce n'est pas leur morceau le plus glorieux.

Les apparitions successives d'Advert (Modern Life Is Rubbish) et Popscene (standalone single entre les deux premiers albums) attirent l'attention sur ce qui est un (petit) défaut de Midlife : il ne donne pas assez d'exemples de morceaux punk/rapides/funs dont Blur truffait ses albums. Les exemples ne manquaient pourtant pas : Bank Holiday, Chinese Bombs, Movin' On, B.L.U.R.E.M.I., ... Peut-être pas les meilleurs morceaux du groupe, mais un de plus aurait été bienvenu (et n'aurait pas occupé beaucoup de place). Mais mention spéciale pour avoir pensé à inclure le sautillant Popscene, dont c'est la première apparition sur un cd facilement accessible. Stereotypes conclut de belle manière la trilogie The Great Escape avec un morceau sympa, grâce au riff crunchy de Coxon.

On arrive petit à petit à la fin de l'album, et les quatre derniers morceaux sont tous des album tracks, aucun single. Etonnant, mais Midlife prend quelques risques, et c'est très bien comme ça. Trimm Trabb est un des morceaux les plus accessibles de 13, et gagne facilement sa place. Empruntant son nom à des vieilles shoes Adidas, il était parfois préfacé par Albarn chantonnant l'acronyme bien connu "All Day I Dream About Sex". Un des meilleurs extraits de ce qui est sans doute mon album préféré de Blur. Riff entêtant qui se développe lentement, sans avoir peur de faire du bruit. Bad Head est une autre surprise, extrait peu connu mais méritant de Parklife, alors que c'est Strange News From Another Star qui termine de représenter Blur. Très étonnant, mais justifiable. Enfin, Battery In Your Leg, seul Think Tank sur lequel a joué Coxon termine de magnifique manière l'album, tout en prouvant à quel point il est inimitable. Au début, je me demandais pourquoi No Distance Left To Run ne le faisait pas, mais BIYL est plus intéressant, et surtout nettement moins sinistre : comme le titre de la compilation le laisse entendre, les jeux ne sont pas finis pour Blur, on se devait donc de terminer par une note optimiste.

Vous l'aurez compris, Midlife est une merveille totale, et j'aurais vraiment envie d'être la personne qui découvre Blur via cet album, le beginner du sous-titre, qui va ensuite écouter chaque album, et trouver son ou ses préférés. En écoutant Midlife, malgré ses petits défauts (dont un second disque un peu en deçà), on a envie de considérer Blur comme le meilleur groupe anglais des années 90. Et je pense qu'on aurait même raison.

14:21 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/06/2009

Gallows - Grey Britain

1637 Même si ce n'était pas vraiment le cas, on aime penser que le punk vient du Royaume-Uni, tout ça parce qu'un manager assez malin a créé un des premiers boy bands il y a une bonne trentaine d'années. Bon, ok, je suis assez méchant avec les Sex Pistols, mais le drapeau briton percé d'épingles de nourrice, le no future et tout ça, c'est resté. Resté tellement fort pour influencer Gallows , qui vient apparemment de sortir l'album le plus important du punk anglais depuis Never Mind The Bollocks. Voyons voir.

Le premier album de Gallows, Orchestra of Wolves, était assez marquant par son absence de concession. On avait là un groupe brut, à la réputation live sulfureuse. Mais la suite fut assez surprenante : alors signé chez un des labels punk mythiques, Epitaph, ils se sont retrouvés chez Warner, suite à un contrat d'un million de livres. Difficile de réfuter les accusations de sellout, mais le groupe assume, et sort maintenant Grey Britain, forcément l'album de la consécration, du succès, des coupes de cheveux Toni&Guy et des refrains radio-friendly. No. Fucking. Way.

Parce que malgré son background étonnant, Grey Britain est un album puissant, qui tire la sonnette d'alarme sur un pays en déroute socio-économique, et qui a grand besoin d'un coup de pied au cul. Le futur nous dira si Gallows ara servi à quelque chose, mais musicalement, Grey Britain vaut le déplacement, dès son intro terrifante se terminant sur le manifeste du nouveau working class hero Frank Carter : We are ready to die.

Suit un enchainement rapide de morceaux punk à tendance hardcore (ajoutez la référence classique qui vous plaira le plus, Black Flag , Minor Threat , Hüsker Dü et autre grands noms pour critiques en manque d'inspiration) parfois prog (Leeches), parfois politisé (London is the Reason). Mais alors que le groupe pourrait juste se permettre de faire plein de bruit en cinquante minutes, ils ne s'arrêtent pas là : The Vulture est divisé en deux parties, dont la première voit Frank Carter chanter d'une voix posée et très mélodieuse, ce qu'on aurait vraiment eu du mal à imaginer, sur un lit de guitare acoustique et de violons. Mais cela fonctionne très bien, surtout entre deux décharges d'adrénaline. La seconde partie commence progressivement avec un glas, avant de verser dans la folie furieuse, toutes guitares dehors ("This!!! Is!!! The!!!! End!!!). Un peu plus loin, Carter fait des harmonies avec Simon Neil de Biffy Clyro, ce qui est encore plus effrayant que sur papier.

Tout n'est pas toujours aussi inspiré. L'apparition des chevaliers de l'apocalypse fait un peu grand guignol, et quelques backing vocals rappellent une ambiance stade de foot après défaite de l'équipe locale (et vengeance s'ensuivant). De même, musicalement, on reste souvent dans le même canevas. Efficace, certes, mais forcément limité. Même si Gallows pourra aussi servir de porte d'entrée vers d'autres groupes punk/hxc qui n'ont jamais signé de contrat mirobolant.

C'est la fin de l'album qui impressionne le plus. Misery, avant-dernier morceau, commence avec quelques accords de piano, avant qu'un feedback de guitare ne déchire l'air, laissant Carter entonner "Misery fucking loves me, and I love her too". Misanthrope, et voix d'une génération. Enfin, Crucifucks vaut mieux que son titre : c'est l'ultime clou dans le cercueil de la vieille Albion, qui vient d'envoyer des députés nazis, ouvertement racistes et négationnistes au parlement européen. Une citation vaut mieux qu'un long texte :

It's time for us to take a stand,
We are dying on our knees in this grey broken land.
And all the martyrs they have convinced themselves,
That death ain't a sin when you're living in hell.
There ain't no glory and there ain't no hope,
We will hang ourselves, just show us the rope.
There ain't no scapegoats left to blame.
We brought this on ourselves, and we could have been the change.
Great Britain is fucking dead so cut our throats,
End our lives, let's fucking start again.

1637Sous un fond de feedback et un rythme militaire. Ensuite, le morceau se termine en long fondu de quatre minutes, avec une sirène de funeste mémoire, et un magnifique passage de musique classique. Grey Britain se termine comme ces films à interprétation libre. Est-ce la lumière au bout du tunnel, ou une lourde porte qui se ferme, pour ne plus jamais s'ouvrir?

Certaines questions dépassent la portée d'un simple album, ou d'un gros chèque qui ne vaut finalement pas grand chose. Nous avons maintenant le choix : observateurs, acteurs, victimes consentantes ou non, nous avons tous un rôle à jouer dans la société, maintenant plus que jamais. Comme souvent, une époque très troublée produit des oeuvres artistiques de grande qualité, dont la portée sociétale transcente les simples considérations critiques. Grey Britain en fait partie.



Publié le 11 juin 2009 sur Shoot Me Again

19:51 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/06/2009

Sonic Youth - The Eternal

SonicYouthTheEternalQue peut-on encore prouver quand on est un groupe légendaire, qui a influencé des générations d'indierockers (ils sont d'ailleurs maintenant chez Matador), et qu'on sort son seizième album (sans compter les EP et albums expérimentaux)? Rien, si ce n'est démontrer qu'on a raison de continuer, et qu'on ne fait pas partie de ces groupes qui auraient du se séparer depuis des années. Sonic Youth n'en fait pas partie, et une fois de plus, The Eternal est un album de grande qualité, avec tous les éléments habituels des derniers SY : accessibles, pas trop expérimentaux mais toujours inimitables. The Eternal suit donc les pas de Sonic Nurse et Rather Ripped, en mixant passages mélodiques avec instrumentation spatiale, chant de Kim Gordon avec celui de Thurston Moore (avec un peu de Lee Ranaldo).

En fait, c'est peut-être leur album le plus accessible : Sacred Trickster dure moins de trois minutes, pendant lesquelles tout est dit. Antenna est très joli, Calming The Snake un peu plus punk en attitude alors que Thunderclap For Bobby Pyn est presque pop. C'est alors qu'on pense à Be Your Own Pet, déjà regretté groupe de Nashville emmené par une chanteuse blonde un peu cinglée et au penchant pour le bruit peu consensuel. BYOP, qui était signé sur Ecstatic Peace, le label de Thurston Moore. BYOP, qui est maintenant définitivement un grand groupe, parce que être comparé à Sonic Youth, c'est une chose, mais le contraire est déjà nettement plus surprenant. C'est pourtant à eux qu'on pense partiellement en entendant Sacred Trickster, Thunderclap ou No Way.

Mais évidemment, Ranaldo et Moore sont des dieux vivants de la guitare, et leur jeu stupéfiant dégouline de chaque morceau. Comme chaque album du Youth (ou de Dinosaur Jr, par exemple), The Eternal est un long orgasme pour quiconque apprécie les sons de la guitare électrique, et qui se saigneraient les veines pour s'offrir les toutes nouvelles Fender Jazzmaster Signature Series de Moore et Ranaldo.

Alors, c'est vrai, après seize albums, Sonic Youth ne se réinvente pas, et ne semble toujours pas vouloir (être capable de?) écrire une vraie chanson. Ils ne sont plus vraiment nécessaire dans le paysage contemporain, mais ils ont la grande décence de refuser d'être mauvais. Ce qui est important à souligner.

16:47 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/06/2009

Faith No More - The Very Best Definitive Ultimate Greatest Hits Collection

Faith_No_More_-_The_Very_Best_Definitive_Ultimate_Greatest_Hits_CollectionCette année, nouveauté : en plus des traditionnelles compiles de Noël, on doit aussi se taper celles des groupes récemment reformés qui tournent cet été. Les deux gros noms sont Blur, avec le double Midlife, qui sort la semaine prochaine et qui est nettement, nettement supérieur au Best Of et Faith No More, qui nous sort ici une sixième compile en 10 ans, d'où le titre auto-ironique.

Même si Blur (on reviendra sur la compile, bien sûr) a souvent été considéré comme un groupe de singles, nombre de leurs meilleurs morceaux se trouvaient cachés entre deux hits. Faith No More n'a pas vraiment eu de hits majeurs, de plus, leurs albums étant généralement tellement éclatés et carrément bizarres que sortir des extraits d'un tout semble incongru. C'est sans doute pour cela que malgré les efforts (six compiles, donc), aucune n'est vraiment satisfaisante.

Celle-ci n'est pas la pire, comprenant dix-huit (excellents, évidemment) morceaux dans un ordre vaguement chronologique. On se demande bien où se trouve The Gentle Art of Making Enemies, mais bizarrement, il manquait déjà à l'appel de la triple anthologie The Works. On conseillera donc au néophyte d'essayer cette compile ou les deux autres décentes (Who Cares A Lot? ou This Is It, les deux restantes étant absolument à éviter), et ensuite d'aller vers les albums studio, seuls témoins valables du caractère exceptionnel de Faith No More.

Petite déception, par contre, pour le second cd, de "raretés". En effet, la majeure partie de celui-ci est constitué de faces B et morceau live qui se trouvaient déjà sur le second cd de Who Cares a Lot. Les deux seules nouveautés sont Sweet Emotion et New Improved Song, jusqu'ici inédite sur sortie commerciale. Il n'empêche, ces morceaux restent tous excellents (mention spéciale à Absolute Zero) et Das Schutzenfest est toujours aussi fantastiquement ridicule.

Une compilation obligatoire, vu le retour du groupe, mais si elle peut servir à aiguiller le plus de monde possible vers les albums, alors, tant mieux : Faith No More le mérite amplement.

22:59 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/06/2009

Placebo - Battle For The Sun

BattlecoverC'est qu'il s'accroche,le ptit Brian. Après trois albums en demi-teinte (pour être gentil), il n'a toujours pas décidé de raccrocher. Mieux (?), il a viré le batteur pour prendre une sorte de Travis Barker blond, et s'est apparemment payé quelques implants capillaires. Et il est heureux, Brian. Battle for the Sun est leur album "heureux", c'est en tout cas ce qu'il raconte dans chaque interview. Cela semble terriblement stéréotypé, mais voilà encore quelqu'un qui était nettement meilleur quand il ne l'était pas, heureux. Battle for the Sun continue la lente pente descendante commencée avec Black Market Music sans être spécialement pire que les deux précédents (ou peut-être bien que si, je ne m'en souviens plus).

Quoi de nouveau? Moins de guitares acérées, plus de synthés qui sonnent parfois sympathiquement comme une vieille Nintendo. Des refrains "infectieux" (ce qui est censé être bien, mais personne n'a envie de se choper la grippe molkienne), comme celui, en espagnol, d'Ashtray Heart et parfois un peu d'originalité, comme le sombre rythme de Battle for the Sun, qui fait penser (un tout petit peu, au début) à Pure Morning. A part ça, tout est oublié après une écoute, et c'est bien dommage. Mais qui a encore envie d'entendre Molko ruminer dans son nez des mauvaises rimes à la killer/lover/brother?

On sauvera peut-être du lot le single For What It's Worth, single assez décent et le dancepunk 2002 Breath Underwater. Mais sinon, le groupe est bien loin de celui qui a produit Without You I'm Nothing, où la voix, déjà énervante, de Molko était sauvée par des compos excellentes et une énergie stupéfiante. Maintenant, c'est juste un vieux groupe de cons ramollis.

17:58 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/06/2009

NOFX - Coaster

1601Vingt-cinq ans de carrière, douze albums, et aucun compromis. Le bilan actuel de NOFX est assez extraordinaire, surtout quand on les compare à un autre groupe "punk" qui vient de sortir son dernier album assez immonde. Pas de compromis, mais certains diront pas d'évolution. Ce n'est peut-être pas totalement faux, mais NOFX a quand même évolué au fil des années, via des éléments ska, reggae, et évidemment The Decline, morceau-phare de seize minutes. Vous connaissez beaucoup de groupes punk qui font des morceaux de seize minutes, vous?

Coaster n'est peut-être pas le meilleur album de NOFX, et comprend son lot de gras (Fat Mike appréciera) mais il reste recommendable sur plusieurs aspects. D'abord, forcément, une certaine dose d'humour. Le cd s'appelle Coaster, mais le vinyl... Frisbee. Objets différents, usages différents. Ensuite, quand même, la musique. We Called It America, qui ouvre l'album est le seul morceau politique, et sonne plutôt Bad Religion. Pas une mauvaise chose du tout, d'ailleurs, même si l'ambiance générale reste à la déconnade (I Am An Alcoholic, Best God In Show, The Quitter). Déconnade qui tourne parfois au mauvais goût : Creeping Out Sara raconte une rencontre avec le groupe indé canadien Tegan & Sara qui finit par une demande de partie à trois... Mais bon, c'est aussi pour ce genre de trucs over the top qu'on aime (ou pas) NOFX. Plus étonnant, My Orphan Year raconte la colère retenue du narrateur lors de la mort de son père, coupable de grave manquements qu'il refuse d'excuser. Poignant et émouvant. Dans un registre nettement plus léger, on retiendra aussi Eddie Bruce and Paul, qui tourne en vaudeville les premières années d'Iron Maiden, et le changement de vocaliste entre Paul Di'Anno et Bruce Dickinson, le tout dans un registre metal qui rappelle en les ridiculisant les amateurs de Sum 41.

Après douze albums basés sur plus ou moins la même chose, on ne peut pas s'attendre à un changement radical de la part de NOFX. Et tant mieux : quoi de pire que d'entendre un groupe se fourvoyant totalement en choisissant, pour diverses raisons, une voie qui n'est pas la leur. En restant sérieusement décalés, les quatre californiens s'assurent notre sympathie, et sortent, avec Coaster, un album justement sympathique.

 

PS : L'article a d'abord été publié sur Shoot Me Again.

23:06 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |