02/06/2009

NOFX - Coaster

1601Vingt-cinq ans de carrière, douze albums, et aucun compromis. Le bilan actuel de NOFX est assez extraordinaire, surtout quand on les compare à un autre groupe "punk" qui vient de sortir son dernier album assez immonde. Pas de compromis, mais certains diront pas d'évolution. Ce n'est peut-être pas totalement faux, mais NOFX a quand même évolué au fil des années, via des éléments ska, reggae, et évidemment The Decline, morceau-phare de seize minutes. Vous connaissez beaucoup de groupes punk qui font des morceaux de seize minutes, vous?

Coaster n'est peut-être pas le meilleur album de NOFX, et comprend son lot de gras (Fat Mike appréciera) mais il reste recommendable sur plusieurs aspects. D'abord, forcément, une certaine dose d'humour. Le cd s'appelle Coaster, mais le vinyl... Frisbee. Objets différents, usages différents. Ensuite, quand même, la musique. We Called It America, qui ouvre l'album est le seul morceau politique, et sonne plutôt Bad Religion. Pas une mauvaise chose du tout, d'ailleurs, même si l'ambiance générale reste à la déconnade (I Am An Alcoholic, Best God In Show, The Quitter). Déconnade qui tourne parfois au mauvais goût : Creeping Out Sara raconte une rencontre avec le groupe indé canadien Tegan & Sara qui finit par une demande de partie à trois... Mais bon, c'est aussi pour ce genre de trucs over the top qu'on aime (ou pas) NOFX. Plus étonnant, My Orphan Year raconte la colère retenue du narrateur lors de la mort de son père, coupable de grave manquements qu'il refuse d'excuser. Poignant et émouvant. Dans un registre nettement plus léger, on retiendra aussi Eddie Bruce and Paul, qui tourne en vaudeville les premières années d'Iron Maiden, et le changement de vocaliste entre Paul Di'Anno et Bruce Dickinson, le tout dans un registre metal qui rappelle en les ridiculisant les amateurs de Sum 41.

Après douze albums basés sur plus ou moins la même chose, on ne peut pas s'attendre à un changement radical de la part de NOFX. Et tant mieux : quoi de pire que d'entendre un groupe se fourvoyant totalement en choisissant, pour diverses raisons, une voie qui n'est pas la leur. En restant sérieusement décalés, les quatre californiens s'assurent notre sympathie, et sortent, avec Coaster, un album justement sympathique.

 

PS : L'article a d'abord été publié sur Shoot Me Again.

23:06 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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