26/10/2008

Playlist #7 - Octobre 08


 

Les sorties s'espacent, et vont bientôt laisser la place aux compiles de Noël, mais cette fin d'année est particulièrement fertile en nouvelles choses, dont la plus importante est évidemment la sortie annoncée (le 23 novembre) de Chinese Democracy. On commencera donc la playlist avec le morceau titre. Non, ce n'est pas très bon, mais au moins, ça existe et c'est un exploit en soi.

Ensuite, on pourra écouter du TV On The Radio (On The Internet), un extrait du 3e EP des Raveonettes (article complet quand le 4e sortira), un inédit des Von Bondies, entre autres nouveautés indie/rock. On musclera la fin du playlist avec Gojira et AC/DC, avant de boucler la boucle : Buckethead joue (sans doute) sur le morceau des Guns, le voici ici avec un extrait de son dernier album solo.

Et ce qui reste, au milieu, c'est ce que Chris Cornell (Soundgarden et Audioslave, remember?) est devenu. Même pas une blague.

Enjoy (quand même)

17:00 Écrit par Denis dans Playlists | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Sebastien Grainger And The Mountains - Sebastien Grainger And The Mountains

41sjrfhwWjL._SL500_AA240_Death From Above 1979 fut aussi éphémère que percutant. Un bassiste et un batteur qui chante, il ne fallait pas plus pour créer un combo brûlant, et un album ovni remarqué. Le duo s'est séparé bien vite. Jesse F Keller (basse) a embrassé la musique electronique en tant que MSTRKRFT, et c'est maintenant son compère qui se lance dans l'aventure solo. Car même si on évoque un groupe (The Mountains), sur disque, c'est bien Grainger tout seul. Et il se débrouille très bien.

Love Can Be So Mean donne le ton. de DFA79, on conserve la puissance sonore et l'intensité, et on y ajoute un réel sens mélodique et du songwriting plus classique. Le morceau sonne comme une version hard des Strokes, avec une basse terrible et une voix peut-être pas assurée, mais authentique. Who Do We Care For ajoute un refrain à tomber par terre, et on se dit qu'on a entre les mains une des surprises de 2008. Grainger assure, a vite fait ses preuves et peut se permettre d'innvoer un peu, avec une batterie éclatante (c'est quand même son boulot), tantôt stoner, tantôt carrément dance. Les morceaux sont grands, amples et évoquent peut-être plus les grandes salles que les clubs poussièreux chers à DFA79, mais attention : on n'est pas chez les Killers non plus.

Ce qui n'empêche pas Grainger de truffer son album de minihits indie potentiels, comme I Hate My Friends ou American Names. Sans réfuter ses débuts bruitistes sur un Niagara dévastateur. Histoire de brouiller encore plus les pistes, Grainger termine avec le très shoegaze Meet New Friends et un morceau plus dansant, sous son alias The Rhythm Method.

Comme tous les débuts, SG&TM n'est pas parfait : ce que Grainger fait très bien, il a parfois tendance à le recopier, et il veut parfois trop se disperser. Mais il arrive sans aucun problème à amplifier ce que faisait Death From Above 1979 et à se présenter comme un artiste sur lequel il faudra compter dans le futur.

16:19 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/10/2008

AC/DC - Black Ice

Black_ice_redAC/DC est un groupe extraordinaire. Ils n'ont plus rien sorti depuis huit ans, et de toute façon, tout le monde sait très bien comment le nouvel album va sonner. Malgré ça dès que la tournée 2009 est annoncée, la vente des tickets fonctionne du tonnerre, toutes les dates étant sold out en quelques minutes, malgré un prix totalement scandaleux (mais pas autant que le marché noir sur ebay).

Black Ice accompagne la nouvelle tournée, plus que le contraire : comme les Stones, un nouvel opus des Australiens est un événement, mais paradoxalement n'intéresse pas grand monde. Et bien, c'est une erreur. non, Black Ice ne réinvente rien, et ne voit pas AC/DC se mettre à la nu-rave. Mais pour un bon disque de rock 'n roll, c'est un putain de bon disque de rock 'n roll.

On ne peut d'ailleurs pas avoir de doute sur la musique produite par le groupe des frères Young : le premier single (et morceau) s'appelle Rock 'n Roll Train, et plus loin on aura Rock 'n Roll Dream (une ballade), She Likes Rock 'n Roll (every day, évidemment) et enfin Rockin' All The Way. AC/DC n'a jamais fait dans le subtil, et on les en remercie chaleureusement. De toute façon, AC/DC ne parle généralement que de rock 'n roll et de sexe, via métaphores un peu moins douteuses que d'habitude (War Machine, ce n'est pas une kalaschnikov...), même si l'état pitoyable de notre planète les inspire aussi (le morceau titre, Stormy May Day).

Malcolm Young envoie ses riffs infernaux au début de chaque morceau, comme il le fait depuis trois siècles. Mais qu'importe : dès le début, on sait que c'est AC/DC, et forcément, ce n'est que confirmé dès que Brian Johnson se lance dans un de ces numéros improbables de chant en dessous de la ceinture. La rythmique est solide (le batteur Phil Rudd est un métronome vivant, et le bassiste Cliff Williams prend parfois un peu de spotlight, comme sur Skies On Fire), et Angus Young délivre à chaque fois un très bon solo, qui ne semble jamais inutile. Il ressort même un bottleneck sur Stormy May Day.

L'album est sans doute trop long (15 morceaux, 55 minutes), et bénéficierait de la suppression de trois ou quatre morceaux un peu (trop) générico-répétitifs. Mais avec des riffs comme ceux de Big Jack, War Machine, Black Ice ou la relative agressivité de Spoilin' For A Fight, on pardonnera tout, même le Rod Stewardesque Anything Goes.

Black Ice est meilleur que prévu : même si la formule est avérée, il fallait quand même réussir à la reprendre correctement, et seul AC/DC peut le faire. Meilleur qu'une grosse moitié de leur catalogue, il méritera d'être visité plus que trois fois lors de la mégatournée, entre Hells Bells et You Shook Me All Night Long.

22:14 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2008

Gojira - The Way Of All Flesh

Gojira_-_The_Way_of_All_Flesh_-_2008Quel étrange animal, ce Gojira. Non seulement c'est un groupe de metal français qui bénéficie d'une solide réputation internationale, ce qui n'est pas courant, mais en plus ils sortent un album original et difficilement classifiable. Depuis leur troisième album (From Mars To Sirius), ils se sont fait remarquer grâce à un metal aggro-progressif (mais pas trop), des paroles étonnantes (partiellement centrée sur la protection écologique, ce qui leur a valu l'amusante étiquette d'éco-metal) et un leader reconnu (Joe Duplantier, par ailleurs bassiste de Cavalera Conspiracy).

The Way Of All Flesh est puissant, violent, agressif, mais ne joue pas dans la surenchère du bruit : les passages plus calmes, ou du moins moins cinglés, permettent de préparer le chaos suivant. Le chant est éraillé, habité, et la batterie puissante : comme chez Meshuggah, c'est la pierre angulaire du groupe. On trouve des influences death, trash, mais aussi un peu d'industriel, et carrément des choses inattendues dans un genre pas souvent connu pour son caractère innovant. Tout cela fait que la musique de Gojira n'est pas fort aisée, il faut d'ailleurs plusieurs écoutes pour complètement rentrer dans un univers personnel mais parfois obtus, ce qui n'est pas aidé par la longueur de l'album (75 minutes)

On peut difficilement s'ennuyer, ceci dit, tant les rythmes sinueux sont hypnotiques et parfois poignants, et même quand Gojira décide de quitter leur domaine de prédilection pour s'aventurer dans le metal contemporain un peu plus classique, ils ont le bon goût de s'assurer les services gutturaux de Randy Blythe (des porte-drapeaux du metal US Lamb of God).

Mais The Way Of All Flesh est un album qui parle de mort, et est ainsi totalement implacable, sans concessions. Il est brutal, mais plus par le fond que par la forme, le groupe n'ayant pas jugé utile de forcer le ton, ils ne tombent donc pas dans une caricature de type Slipknot mais participent à la rénovation d'un genre parfois poussiéreux. Mais tant que le metal pourra compter sur des groupes comme Gojira ou Meshuggah, son avenir est assuré.

20:18 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/10/2008

Oasis - Dig Out Your Soul

Dig_out_your_soulPour la première fois depuis bien longtemps, Noel Gallagher n'a pas annoncé Dig Your Own Soul comme le meilleur album d'Oasis depuis (What's The Story) Morning Glory. Est-ce pour cela qu'il l'est?

Être surpris par un album d'Oasis, c'est quasi impossible (enfin, sauf lorsque tout le monde l'a été par le bien mauvais Standing On The Shoulder Of Giants), mais ici, on l'est doublement : par la qualité générale de l'album, mais aussi par certains morceaux individuels assez éloignés de ce qu'on attend des Mancuniens depuis quelques années, comme le premier morceau, Bag It Up. Plus blues poisseux que Britpop, il voit Liam changer partiellement sa façon de changer, et aussi la démonstration d'une basse proéminente : cet élément, typiquement peu présent chez Oasis, le sera tout au long de l'album. Le refrain est déjà plus classique, mais c'est clairement un bon début, surtout que The Turning surprend encore plus avec son intro au piano et une atmosphère vraiment différente. Bon, le coda inspiré par Dear Prudence nous rappelle à l'ordre, mais quand même, c'est étonnant.

Noel a maintenant l'habitude de chanter au moins trois morceaux par album, ce qui est généralement au moins deux de trop. Ici, Waiting For The Rapture tient parfaitement la distance, Noel chante bien, et profite d'un groove de basse protorock terrible : Dig Your Own Soul est leur album groove, mais oui. Le single The Shock Of The Lightning est un peu plus classique, et suit la tradition du bon gros morceau rock comme premier single (Go Let It Out, The Hindu Times, Lyla), mais malgré son "emprunt" aux Strokes (allez voir l'intro de The Way It Is, sur Room On Fire) et son manque d'originalité, il est très efficace.

Quatre sur quatre, il faut remonter à très longtemps pour qu'un album d'Oasis commence aussi bien, sans doute à Morning Glory, justement (Be Here Now a ses bons moments, mais Magic Pie n'en fait pas partie). Et la plus grosse surprise est encore à venir, avec I'm Outta Time, premier morceau de Liam Gallagher. Depuis Standing..., Noel a arrêté d'être le seul songwriter du groupe, et les résultats n'ont jamais été terribles. Les morceaux de Gem Archer et Andy Bell sont rarement mémorables, et Little James était si risible que les efforts ultérieurs de Liam n'ont pas été pris au sérieux. Ca devrait changer avec I'm Outta Time, ballade 50% Lennon, 50% Harrison et donc 100% Oasis, avec une ligne mélodique à tomber par terre et des paroles même pas ridicules. Le meilleur morceau de Liam depuis Born On A Different Cloud, et la fin de la première partie d'un album vraiment stupéfiant.

Ca ne pouvait pas vraiment durer. Dig Your Own Soul ne tombe jamais très bas, mais la seconde moitié déçoit. (Get Off Your) High Horse Lady ressemble plus à un interlude, avec la voix de Noel passée sous filtre téléphonique et une guitare sortie d'un moment peu inspiré de la période country de Neil Young. Falling Down relève tout de suite le niveau, avec son rythme évoquant (fatalement) Tomorrow Never Knows et un Noel qui chante vraiment de mieux en mieux, ce morceau étant sans aucun doute une de ses meilleures performances. Mais à partir de là, c'est un peu comme s'il avait décidé de partir trois semaines à Ibiza en laissant le reste du groupe boucler l'album : les quatre derniers morceaux viennent des autres membres.

Et même si la décision de Noel de ne plus tout écrire avait été bien accueillie à l'époque, force est de constater que les meilleurs morceaux ici (I'm Outta Time exclus) sont de Noel : The Nature Of Reality (Andy Bell) est tellement ennuyeux que Liam semble s'être fait royalement chier en le chantant, Ain't Got Nothin' est une tentative de Liam d'écrire comme Pete Townshend (conclusion : raté), Soldier On est une tentative de Liam d'écrire comme les Stone Roses (vous aurez compris) et To Be Where There's Life (Gem Archer) secoue le vieux sitar de George Harrison comme si The Verve s'en était emparé.

Autrement dit, moins on parle de ces morceaux, mieux c'est, et c'est vraiment dommage : Dig Your Own Soul n'est qu'un album à moitié excellent, mais quand il l'est, il se retrouve non pas qu'avec les meilleurs morceaux du groupe, mais comme Oasis est capable de sonner après quinze ans d'une évolution qu'on pensait impossible. Comme souvent avec eux, il reste à écouter les faces B (ou plus précisément le cd bonus de l'édition limitée) pour en sortir les gemmes habituelles, et regretter la séquence finale de l'album, forcément améliorable.

On ne doit quand même pas bouder notre plaisir pour autant : on sait que les jours de gloire sont passés et ne reviendront jamais, mais d'un autre côté, l'Oasis de 1996 n'aurait jamais pu écrire un album aussi bien produit, aussi abouti que Dig Your Own Soul. Un album solide, d'un groupe qui vient tout doucement de repasser du bon côté de la barrière.

6,5/10


NB : Malheureusement, le cd bonus se trouvant dans l'édition spécial en'a rien de bien extraordinaire : les premiers remix autorisés par Oasis n'ajoutent rien d'intéressant (il faut dire que Jagz Kooner et les Chemical Brothers...) et les inédits et version alternatives démontrent pourquoi elles ne sont pas sur l'album. Et pourquoi Oasis n'a plus compilé ses autrefois phénoménales faces B depuis Be Here Now. OK, I Believe In All est encore sympa, mais uniquement parce que Liam chante "I can see for miles".

11:07 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/10/2008

TV On The Radio - Dear Science,

Dear_science_album_coverTV On The Radio ne m'a jamais spécialement intéressé. Pas que je les trouvais mauvais, juste qu'ils ne me touchaient pas. L'album que Dave Sitek a réalisé pour Scarlett Johansson non plus d'ailleurs. Mais vu que Pitchfork a donné un assez hystérique 9.2 à Dear Science, il fallait quand même que j'y jette une oreille. Pour la science.

Je n'ai pas eu tort. Même s'il n'est évidemment pas exempt de tout reproche, Dear Science est un album très particulier, et surtout qui se suffit à lui même : les influences se font discrètes, l'album est fort varié et prend systématiquement l'auditeur par surprise. Le glorieux premier morceau, Halfway Home, est parfaitement représentatif : une mélodie entêtante, une instrumentation originale dominée par les claviers, et un break terrible après quatre minutes. Typiquement, le second morceau (Crying) est totalement différent, emmené par un lick de guitare terrible, une voix différente (l'avantage d'avoir deux chanteurs) et une atmosphère générale rappelant Prince, ou plus proche de nous, Andre 3000. Toujours dans le contre-pied, Dancing Choose commence par sonner comme Bloc Party devrait sonner s'ils avaient tenu leurs promesses, avant d'asséner un refrain antithétique sur fond de cuivres.

TVOTR a parfois été comparé à Radiohead, et on peut le comprendre. Musicalement, ils n'ont pas vraiment de points communs, mais ils transcendent le rock, passant d'un genre à l'autre sans se planter, en réussisant à les mélanger pour rendre le résultat final très personnel et invraisemblablement varié : Stork And Owl fait ainsi dans l'introspectif mélancolique, en utilisant des violons de manière inventive tandis que Golden Age rappelle Michael Jackson (entre Wanna Be Startin' Somethin' et Don't Stop 'Til You Get Enough, donc ça va) et le Beck de Midnite Vultures, avec peut-être un petit détour chez les Flaming Lips.

Il faudrait presque un paragraphe pour décrire chaque morceau, mais ce ne serait même pas leur rendre justice : il suffit d'écouter Family Tree pour voir où le groupe veut en venir, comment ils tentent de prendre différents éléments qui ne vont pas nécessairement trop bien ensemble et réussissent à en faire un ensemble cohérent et attachant. Love Dog et l'électro rendue célèbre par Radiohead, Red Dress et un gros beat hip-hop, Shout Me Out et un synthé reggae : bizarrement, ça marche. Il faut dire que la grande force de TVOTR, c'est d'avoir carrément trois frontmen/compositeurs : Tunde Adebimpe (celui qui sonne comme un Kele Okereke qui ne serait pas de Londres), Kyp Malone (l'autre vocaliste) et Dave Sitek, producteur multi-instrumentaliste. En résulte un album phénoménalement varié, mais qui se tient parfaitement.

Dear Science est (très) original, et élève TV On The Radio à un niveau supérieur, même si la bizarrerie intrinsèque des morceaux ne devrait pas leur apporter un succès immense (quoique, on a déjà vu plus étrange). Malgré la construction très stricte et étudiée des morceaux, les constructions alambiquées et la part non négligeable d'électronique, cet album a une âme. C'est suffisamment rare pour être souligné, et pour en reparler dans les classements de fin d'année.

7/10

23:20 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |