22/10/2009

See You On The Other Side

Tout a une fin, et le spam que je (re)commence à recevoir dans les commentaires me pousse à terminer et officialiser le changement.

Ce blog ne sera plus mis à jour, parce que Music Box, c'est maintenant à cette adresse :

Music Box

Depuis la dernière chronique postée sur Muse, j'ai écrit de l'autre côté sur Alice In Chains, Blur, Pearl Jam et autres, changez vos bookmarks, ici, c'est fini.


Et tant que j'y suis :

Music Box Off

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14:37 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/09/2009

Muse - The Resistance

museBattre le fer tant qu'il est chaud, c'est ce que fait Muse depuis dix ans. Tournées incessantes, passages répétés en festival, cinq singles par album, et donc cinq albums studio (+ les dvd live) en dix ans. Grâce à tout cela, Muse est devenu probablement le plus gros groupe UK, et un des plus grands du monde (le monde, évidemment, ne comprend pas la grande île au large de l'Atlantique).


Suite et fin à la nouvelle adresse du blog!

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02/09/2009

Arctic Monkeys - Humbug

Arcticmonkeys-humbugLes circonstances font qu'on ne peut pas passer à côté : le nouvel album de ceux qui sont peut-être le plus grand groupe anglais depuis Oasis sort en même temps que la séparation (?) de ces derniers. Passage de témoin? Non, parce que les années nous ont fait comprendre qu'Oasis s'est très vite essouflé. Le temps n'est pas encore là pour nous aider à juger les Singes de Sheffield, mais au même moment de leur carrière (le troisième album), ils éclipsent très facilement les frères mancuniens. Pour revenir 10 ans (12, même) en arrière, et terminer cette comparaison, le troisième album d'Oasis (Be Here Now) était extraordinairement attendu. La déception fut proportionnelle à l'attente. Il fallait clairement quelque chose pour qu'Arctic Monkeys passe outre ce piège, et sorte un troisième album qui cimente leur légende. C'est fait.

 

La suite de l'article à la nouvelle adresse de Music Box!

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08/08/2009

The Dead Weather - Horehound

The_Dead_Weather_-_HorehoundJack White ne se repose jamais. Après The White Stripes et The Raconteurs, voilà qu'il forme un troisième groupe, The Dead Weather. Et pas avec n'importe qui : l'accompagnent Dean Fertita (Queens of the Stone Age, guitare et claviers), Jack Lawrence (Greenhornes et Raconteurs, basse) et Alison Mosshart (alias VV dans The Kills, voix et guitare). Mais alors? Oui, Jack White est à la batterie la plupart du temps, pourquoi pas.


Suite de l'article à la nouvelle adresse du blog.


Attention : je ne posterai plus systématiquement ici, rendez-vous de l'autre côté et mettez vos marque-pages à jour!

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28/07/2009

Street Sweeper Social Club - Street Sweeper Social Club

SSSCMalgré le succès de leur tournée de reformation, Rage Against The Machine ne semble pas pressé de remettre ça, et encore moins d'enregistrer un nouvel album. Ce qui n'est sans doute pas un mal. Les deux membres "principaux" de Rage peuvent se concentrer sur leurs autres projets : One Day As A Lion pour Zack de la Rocha; The Nightwatchman & Street Sweeper Social Club pour Tom Morello. Nightwatchman n'ayant pas vraiment provoqué l'hystérie collective, Morello revient à quelque chose d'un peu plus classique : un groupe de funk/metal avec un rappeur, cette fois Boots Riley.


La suite à la nouvelle adresse de Music Box! Changez vos signets/flux rss/etc etc

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25/07/2009

Dinosaur Jr. - Farm

Quand j'ai correctement écouté pour la première fois le nouvel album de Dinosaur Jr. (en vinyl!), j'ai commencé par une petite angoisse : et si c'était mauvais? Et si Beyond n'était qu'une exception? Parce qu'il faut bien le souligner : les groupes qui se reforment, quand ils arrivent à pondre un nouvel album (Pixies, je vous regarde), ce n'est généralement pas terrible. Par contre, Beyond (2007), premier album du lineup classique de Dinosaur Jr. depuis 1988 arrivait sans problème au sommet de leur discographie, avec Bug et You're Living All Over Me, effaçant ainsi 20 ans d'égarements de J Mascis.

Version courte : pas besoin de s'inquièter,
Farm est fantastique.


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12/07/2009

Danger Mouse & Sparklehorse Present Dark Night of The Soul

Dark_nightBrian Burton, alias Danger Mouse, s'est fait connaître en 2004 avec le Grey Album, mashup non autorisé mixant le Black Album de Jay-Z avec l'éponyme des Beatles. Le résultat, étonnant, fut massivement téléchargé, et il n'en fallait pas plus pour que Danger Mouse se fasse engager par Damon Albarn pour produire Demon Days et The Good The Bad & The Queen, tout en participant à d'autres projets, comme le commercialement réussi Gnarls Barkley.

Cette fois, la collaboration est encore plus impressionnante : non seulement il engage Sparklehorse comme backing band et une myriade de noms respectés comme voix invitées, mais l'album s'accompagne de photos prises pour l'occasion par David Lynch, rien que ça. Mais, forcément, c'était trop beau : EMI a une fois de plus pété un plomb, et refuse de sortir l'album tant qu'une sombre affaire de contrat n'est pas résolu. Coutumier de ce genre de situation, DM ne s'est pas dégonflé, et là où devait se trouver le cd dans le livre de photos se trouve... un cd vierge. Le message est on ne peut plus clair, allez faire un tour sur mon Tumblr
pour plus de détails. Et l'album?

Comme on pouvait s'en douter, c'est une drôle de bête. Chaque morceau a son identité propre généralement apportée par son vocaliste, mais Danger Mouse tord et trafique les sons, parfois jusqu'à l'excès, pouvant transformer la plus tranquille folk song en créature de Frankenstein bipolaire. Pourtant, l'album commence assez sagement, avec d'abord un Wayne Coyne (Flaming Lips) fort discret et Gruff Rhys (Super Furry Animals) en mode ballade psyché seventies, rien de très inhabituel, donc. Mais la production subtile et précise de Danger Mouse donne un caractère fort à chacun des morceaux : ainsi, l'orgue Hammond de Jaykub, chanté de manière inimitable par Jason Lytle lui confère une chaleur presque intemporelle.

Les morceaux correspondent plus aux vocalistes que le contraire : Julian Casablancas (qui devrait d'ailleurs recommencer à bosser avec son petit groupe sympa) est toujours aussi cool sans aucun effort, mais le final voit sa voix totalement manipulée par Danger Mouse. Même chose pour le morceau évidemment plus rock (grosses guitares et tout) de Black Francis, alors que cette vieille branche (ou plutôt vieux tronc) d'Iggy Pop nous sort un truc carrément punk. A chaque fois, le même schéma : un territoire assez prévisible, mais DM nous emmène à chaque fois hors des sentiers balisés. L'album compte quand même quelques moments moins fort, dont deux morceaux chantés un peu n'importe comment par un David Lynch qui ne peut pas être excellent dans tout. De même, malgré ses efforts, personne n'arrivera à rendre Suzanne Vega intéressante. Heureusement, le duo entre Mark Linkous (Sparklehorse) et Nina Persson est un autre moment fort avec un morceau simplement mélodique, alors que James Mercer (The Shins) donne totalement son sens au titre "Insane Lullaby". On doit encore citer le deuxième morceau de Lytle, aux claviers de fête foraine fantômatique, et on se rend compte que chaque piste, ou presque, est passionnante.

Dark Night of the Soul est une expérience, et comme toutes les expériences, elle comprend sa dose de risques et d'éventuels échecs. Danger Mouse, le cerveau derrière tout cela, n'a pas choisi la voie de la facilité, et on l'en remercie. Vu que l'album est facilement disponible, on ne peut qu'honorer sa demande, et se le procurer le plus vite possible.

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09/07/2009

Incubus - Monuments & Melodies

200px-Incubus_monuments_and_melodiesJe n'aime pas les best of pour plein de raisons, notamment parce que je préfère écouter les albums entièrement, ou du moins en contexte. Ils peuvent quand même être appréciables, comme la récente compile de Blur le prouve. Ici, not so much. On le sait, Incubus a progressivement changé de style, délaissant leur funk/rap/light metal de leurs débuts vers une consensualisation tout de même parfois appréciable. Ce phénomène, connu sous de non de redhotchilipepperisation est assez fréquent, et ne dure généralement pas longtemps, le groupe finissant par imploser ou, plus souvent, tomber dans l'oubli le plus total. Avant donc qu'on les oublie, Incubus sort un double best of totalement à côté de la plaque.

Ok, Incubus méprise leurs deux premiers albums, mais S.C.I.E.N.C.E. est assez souvent considéré comme étant leur meilleur : ne pas inclure un seul morceau est une stupidité sans nom. Et les albums suivants souffrent aussi : pas de Just a Phase, ni de Circles, ni de Sick Sad Little World, par exemple. Par contre, on doit se taper les jérémiades pseudo-sentimentales de Brandon Boyd, qui devient de plus en plus insupportable avec l'âge. "Love hurts, and sometimes it's the good hurt." Ouais, c'est ça. Heureusement (?) les "hits" ne sont qu'une partie de ce que la compilation offre, voyons voir si elle apporte quand même quelque chose de plus.

D'abord, le premier cd est encadré par deux inédits en fait assez décents, et un peu moins safe que d'habitude. Ensuite, le second cd est composé de faces B et d'inédits de qualité inégale, mais Look Alive, Pantomime, While All The Vultures Feed auraient pu se retrouver sur le premier disque. Là aussi, on se demande où se trouve Make a Move, Follow ou encore Crowded Elevator. Le cd se clôture par une version sympathique de Let's Go Crazy (Prince), même si on ne voit pas trop l'intérêt de réécouter la compilation. Et c'est là qu'Incubus (enfin, Sony) était censé avoir une idée de génie : l'achat de la compilation donne droit à un code, qui permet de débloquer "The Vault", soit plus de 500 mp3/vidéos. Sympa? Oui, en principe. Sauf que dans les 500 morceaux en question, on retrouve déjà tous les albums/singles/vidéos officielles, réduisant les vraies raretés à peau de chagrin. Mais finalement, quand on voit la qualité moyenne du catalogue d'un groupe assez insignifiant, on n'a pas vraiment de raison de vouloir entendre des raretés. Mais j'aime bien la pochette.

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06/07/2009

Future Of The Left - Travels With Myself And Another

TWMAA_FOTL_coverVous savez ce que j'aime? Le risque et l'incertitude. Écouter un album dont j'attends beaucoup, pour me rendre compte après un petit temps que mes attentes sont satisfaites, voire dépassées. Ce qui arrive assez peu souvent, il faut le reconnaître. Mais en ce qui concerne Andy "Falco" Falkous, c'est régulier. Mclusky était incapable de se planter, et quand le groupe s'est séparé et que Falco a créé Future of the Left, le risque était grand. Curses fut un fantastique album. Ensuite venait le moment du second, avec le danger classique du "sophomore slump". Une fois de plus, Falco a défié toute attente, avec un album excellent, alliant les compositions plus poppy (enfin, tout est très relatif) de FOTL avec l'attitude que Mclusky a toujours eu.

L'album commence avec quelques secondes de calme, mais l'assaut sonique n'allait pas tarder à commencer, avec la guitare brute de Falco, la basse vrombissante de Kelson Mathias (ex-Jarcrew, tant qu'on est dans le namedropping) alliée à la rythmique puissante de Jack Egglestone (ex Mclusky aussi). FOTL a ajouté une utilisation régulière du tellement peu punk clavier, mais il s'insère cette fois mieux dans les compos, comme si le groupe avait appris à l'intégrer entièrement. On est alors partis pour trente-trois minutes intenses, puissantes mais toujours précises : Falco a toujours insisté sur l'écriture de vraies chansons, comme en témoigne un des autres points forts du groupe, les paroles ironiques/amusantes/franchement barrées. Throwing Bricks At Trains raconte exactement ce que le titre annonce, un raid de deux types qui voudraient commencer une révolution. En lançant des pierres du haut d'un pont.

Ce que FOTL a de plus que Mclusky, c'est une étonnante recherche mélodique, qui pourrait un jour, dans un univers parallèle, leur valoir un hit. I Am Civil Service est le morceau qui s'y rapproche le plus, avec un refrain très catchy, mais avec des paroles comme "If I eat what I fuck, and I fuck what I eat, am I worthy?", c'est pas encore pour tout de suite. Juste après, Land Of My Formers est assez dingue, avec la voix de Falco s'élevant dans un nuage de bruit.

La seconde moitié de l'album est peut-être un chouïa en retrait, mais l'attaque personnelle contre les tenanciers des salles de concerts Barfly (That Damned Fly) est hilarante. Le dernier morceau (le seul dépassant les quatre minutes) est un monument à lui tout seul, synthétisant le groupe, avec paroles grinçantes ("Morgan Freeman would roll in his grave") et dynamique quiet/loud schizo.

C'est donc une confirmation impressionnante : Future of the Left est un groupe en tant que tel, et n'a déjà plus vraiment besoin des incessantes comparaisons avec le passé glorieux des différentes membres. Mais ce qui est encore plus rassurant, c'est que même si FOTL devait exploser, on sait que Falco reviendra, encore meilleur. Et ça, c'est un sentiment inestimable.

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03/07/2009

Isaïah - Ils consomment, tuent et prient mais ne pensent pas



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26/06/2009

Spinnerette - Spinnerette

Spinnerette_Album_CoverUn rapide recadrage : Brody Dalle, la chanteuse de Spinnerette, est l'ex-chanteuse des très punk Distillers, et l'ex-madame Tim "Rancid" Armstrong. Maintenant, elle est mariée à Josh Homme (Queens of the Stone Age), et donc, fait du QOTSA. Juste? Pas loin, en fait.

Spinnerette est censé être un nouveau groupe, mais aux membres très expérimentés : à Dalle s'ajoutent un autre ex-Distillers, Tony Bevilacqua (guitare) mais aussi Alain Johannes (QOTSA, Eleven) à la basse, et cette vieille branche trop rare de Jack Irons (Red Hot, Pearl Jam) derrière les fûts. Pas d'amateurisme, donc.

Ghetto Love, premier morceau, sonne effectivement plus QOTSA que nature, mais l'album est étonnament varié, avec comme point commun la voix de Brody, totalement inmanquable et inimitable. Elle peut irriter, certes, mais n'empêche, c'est elle qui porte Spinnerette sur ses épaules, d'ailleurs, vu que le groupe varie selon les tournées, on peut dire qu'elle est Spinnerette.

Et donc, l'album se passe tranquillement, sans coup d'éclat majeur mais sans baisse de régime. Et c'est là son principal défaut : on a rien vraiment à dire, c'est bien, mais sans plus, quoi. Brody s'essaie un peu aux beats dance (Baptism By Fire) et essaie de chanter (le joli Distorting The Code), mais tombe parfois dans le lourdaud (Sex Bomb, même si je n'oserais jamais dire ça à Josh). Pas mauvais, mais pas franchement intéressant non plus. Dommage.

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19/06/2009

Blur - Midlife : A Beginner's Guide to Blur

Midlife_blurLors de la première vie de Blur, avant le récent et sensationnel retour de Graham Coxon, un Best Of était sorti, en 2000. Il avait été sévèrement critiqué, voire ridiculisé, car il ne comprenait que les gros succès du groupe, étant ainsi plus proche d'un Greatest Hits, et omettant ainsi énormément d'excellents morceaux d'album. Midlife (évidemment une opportunité d'encaisser du pognon sur le dos de leur tournée estivale, mais c'est comme ça que le business fonctionne, maintenant) corrige le tir, en modifiant drastiquement la liste des chansons.

Non seulement Midlife ajoute une quinzaine de morceaux, mais il en retire aussi sept, ce qui peut sembler étonnant. Néanmoins, malgré leur succès commercial, Country House et Charmless Man ne constituent pas vraiment des morceaux de choix, contrairement à To The End ou No Distance Left To Run, mais il fallait faire des choix. De même, pas d'inédits. On aurait sans doute pu racler les fonds de tiroirs, mais non, on a ici simplement 25 extraits déjà connus (et quelques versions alternatives). Enfin, les modifications ont sans doute aussi un but commercial, le pauvre gars qui avait déjà The Best Of a quelques bonnes raisons d'acquérir celui-ci. Même s'il est probable qu'il a depuis chopé d'une manière ou d'une autre la discographie du meilleur groupe anglais des années 90. L'album valant totalement la peine qu'on s'arrête à chaque morceau, voici donc le premier track-by-track de l'histoire de Music Box.

Beetlebum entame les affaires, avec un riff étonnant, même après 30 000 écoutes. Graham Coxon, je l'ai déjà dit maintes fois, est un guitariste absolument exceptionnel, et le prouve d'entrée, avec donc ce riff mais aussi un anti-solo époustouflant. Il est ici juxtaposé au premier gros succès du groupe, Girls and Boys, qui n'est finalement qu'un fantastique tube ironique qui explicite très bien un des thèmes dominants de Blur (même si cela concerne surtout leurs quatre premiers albums), une observation de la société qui n'a sans doute d'équivalent que chez Morrissey. For Tomorrow tombe d'ailleurs exactement dans le thème, on regrettera juste qu'il est présent dans une version alternative un peu traînaillante.

Retour au Royaume de Saint Coxon, avec Coffee + TV, single qu'il chante lui-même. C'est non seulement un moment important dans sa carrière (ses albums solo le prouvaient, et le prouveront encore ensuite) mais aussi le morceau le plus catchy et accessible de 13. Est-ce la peine de dire que son solo de guitare, qui rappelle J Mascis et Thurston Moore, est impeccable? Le final a maintenant un goût particulier : "We can start all over again". Ensuite, Out of Time est justement un des deux morceaux sans Coxon, extrait de Think Tank. Coxon avait quitté (avec fracas) le groupe pendant l'enregistrement de celui-ci, avant de revenir au bercail cette année. Influencé par les expériences africaines de Damon Albarn, Out of Time a totalement sa place sur l'album.

Un des grands intérêts de Midlife, c'est d'inclure des extraits d'albums, et pas seulement des singles. Premier exemple, Blue Jeans, un des meilleurs extraits de Modern Life Is Rubbish, dont le refrain est exactement parfait. Désolé de remettre de l'huile sur ce vieux truc, mais le jour où un Gallagher fera ça... Song 2. Gimmick, mais tellement efficace. Bon exemple du jeu de basse d'Alex James, parce qu'aussi étrangement que cela puisse paraître, le boom du refrain vient principalement de la "lead bass". Pas leur plus grand morceau mais peut-être leur plus connu, surtout aux USA. Ben oui, 2 minutes d'attention,et tout ça, ça marchait super bien aux matches de hockey. L'album est vraiment bien compilé, car après Song 2 arrive Bugman, aux paroles tout aussi obliques et à la disto puissante, cette fois sur la guitare. Excellente illustration de l'expérimentation de 13, je ne m'attendais pas à le trouver ici, surtout qu'après trois minutes, le morceau part dans tous les sens sans jamais revenir à la mélodie de départ.

Autre surprise, He Thought of Cars. The Great Escape, malgré son succès, est le mal aimé dans la disco de Blur. Trop cohérent (!), trop proche de Parklife (leur précédent, et premier gros succès), et sans doute pas assez mémorable. La compile réussit pourtant à extraire trois morceaux excellents, dont celui-ci, parfait représentant du ton tragico-mélancolique de l'album. Gros choc sur le morceau suivant. Death of a Party montrait le début de la phase expérience de Blur, qui allait connaître son paroxysme avec 13. Le morceau est non seulement compris ici (autre surprise) mais dans une version différente, encore plus étrange et supérieure à la version sur Blur. Fantastique morceau, et jusqu'ici, Midlife fait un sans faute.

L'ambiance change de nouveau avec la mégaballade The Universal, qui rappelle à jamais son clip ambiance Orange Mécanique. Une des plus délicates oeuvres jamais mises en musique, The Universal donne envie de rire et de pleurer en même temps, ce qui, vu le thème, est exactement ce qui était voulu. It really, really could happen. And it did happen, si l'on continue la relecture des paroles. Toujours sans transition, on passe à un extrait (le premier, et un des deux) de Leisure, le premier album. Sing, qui se trouve aussi sur la BO du très 90s Trainspotting montre la face shoegaze des débuts d'un groupe qui se cherchait. Pas exactement convaincant, mais il fallait l'inclure, au moins pour le refrain déjà très albarnesque. Enfin, le premier cd se termine avec l'emblématique This Is A Low, candidat classique au titre de meilleur chanson de Blur ou des 90s en général. Des paroles romantiques sur une Angleterre qui ne subissait pas encore Pete Doherty, et surtout, un solo de guitare totalement légendaire. Ainsi se clôture la première moitié de Midlife, probablement le disque le plus exceptionnel qu'il m'ait été donné d'entendre. Tout simplement.

La seconde partie est moins percutante, c'est vrai. Mais elle ne comprend évidemment pas de mauvais morceaux, même si on commence à regretter l'une ou l'autre absence...

Tender. Premier extrait de 13, et single totalement bizarre pour le Blur de l'époque, même si Blur aurait du nous mettre sur la voie. Choeurs gospel, backing vocals à fleur de peau de Coxon, c'est une superbe intro pour 13, et aussi pour ce disque. She's So High est le tout premier single du groupe, et dès les premiers accords, on pouvait déjà déceler que quelque chose de spécial allait se passer. C'est aussi le dernier extrait de Leisure, puisque There's No Other Way n'a pas été repris. Ensuite arrive un nouvel extrait de Modern Life Is Rubbish, Chemical World. Même si le morceau est assez bien considéré, je ne l'ai jamais trop apprécié. Mais c'est vraiment une question de détails. Un autre extrait de Think Tank (le second sans Coxon, donc) suit, et c'est le très sympathique Good Song. Excellent morceau, mais on sent que depuis Tender, le niveau a peut-être un peu diminué. Mais Albarn n'a sans doute jamais chanté aussi bien ("you seem very beautiful to me..."). Coxon ou pas, Think Tank, quand il est bon, est vraiment bon. Parklife, pour moi, n'a jamais été autre chose qu'un morceau gimmick, une suralbionisation Britpop racontée par Phil Daniels. Il devait être sur l'album, clairement, mais ce n'est pas leur morceau le plus glorieux.

Les apparitions successives d'Advert (Modern Life Is Rubbish) et Popscene (standalone single entre les deux premiers albums) attirent l'attention sur ce qui est un (petit) défaut de Midlife : il ne donne pas assez d'exemples de morceaux punk/rapides/funs dont Blur truffait ses albums. Les exemples ne manquaient pourtant pas : Bank Holiday, Chinese Bombs, Movin' On, B.L.U.R.E.M.I., ... Peut-être pas les meilleurs morceaux du groupe, mais un de plus aurait été bienvenu (et n'aurait pas occupé beaucoup de place). Mais mention spéciale pour avoir pensé à inclure le sautillant Popscene, dont c'est la première apparition sur un cd facilement accessible. Stereotypes conclut de belle manière la trilogie The Great Escape avec un morceau sympa, grâce au riff crunchy de Coxon.

On arrive petit à petit à la fin de l'album, et les quatre derniers morceaux sont tous des album tracks, aucun single. Etonnant, mais Midlife prend quelques risques, et c'est très bien comme ça. Trimm Trabb est un des morceaux les plus accessibles de 13, et gagne facilement sa place. Empruntant son nom à des vieilles shoes Adidas, il était parfois préfacé par Albarn chantonnant l'acronyme bien connu "All Day I Dream About Sex". Un des meilleurs extraits de ce qui est sans doute mon album préféré de Blur. Riff entêtant qui se développe lentement, sans avoir peur de faire du bruit. Bad Head est une autre surprise, extrait peu connu mais méritant de Parklife, alors que c'est Strange News From Another Star qui termine de représenter Blur. Très étonnant, mais justifiable. Enfin, Battery In Your Leg, seul Think Tank sur lequel a joué Coxon termine de magnifique manière l'album, tout en prouvant à quel point il est inimitable. Au début, je me demandais pourquoi No Distance Left To Run ne le faisait pas, mais BIYL est plus intéressant, et surtout nettement moins sinistre : comme le titre de la compilation le laisse entendre, les jeux ne sont pas finis pour Blur, on se devait donc de terminer par une note optimiste.

Vous l'aurez compris, Midlife est une merveille totale, et j'aurais vraiment envie d'être la personne qui découvre Blur via cet album, le beginner du sous-titre, qui va ensuite écouter chaque album, et trouver son ou ses préférés. En écoutant Midlife, malgré ses petits défauts (dont un second disque un peu en deçà), on a envie de considérer Blur comme le meilleur groupe anglais des années 90. Et je pense qu'on aurait même raison.

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17/06/2009

Gallows - Grey Britain

1637 Même si ce n'était pas vraiment le cas, on aime penser que le punk vient du Royaume-Uni, tout ça parce qu'un manager assez malin a créé un des premiers boy bands il y a une bonne trentaine d'années. Bon, ok, je suis assez méchant avec les Sex Pistols, mais le drapeau briton percé d'épingles de nourrice, le no future et tout ça, c'est resté. Resté tellement fort pour influencer Gallows , qui vient apparemment de sortir l'album le plus important du punk anglais depuis Never Mind The Bollocks. Voyons voir.

Le premier album de Gallows, Orchestra of Wolves, était assez marquant par son absence de concession. On avait là un groupe brut, à la réputation live sulfureuse. Mais la suite fut assez surprenante : alors signé chez un des labels punk mythiques, Epitaph, ils se sont retrouvés chez Warner, suite à un contrat d'un million de livres. Difficile de réfuter les accusations de sellout, mais le groupe assume, et sort maintenant Grey Britain, forcément l'album de la consécration, du succès, des coupes de cheveux Toni&Guy et des refrains radio-friendly. No. Fucking. Way.

Parce que malgré son background étonnant, Grey Britain est un album puissant, qui tire la sonnette d'alarme sur un pays en déroute socio-économique, et qui a grand besoin d'un coup de pied au cul. Le futur nous dira si Gallows ara servi à quelque chose, mais musicalement, Grey Britain vaut le déplacement, dès son intro terrifante se terminant sur le manifeste du nouveau working class hero Frank Carter : We are ready to die.

Suit un enchainement rapide de morceaux punk à tendance hardcore (ajoutez la référence classique qui vous plaira le plus, Black Flag , Minor Threat , Hüsker Dü et autre grands noms pour critiques en manque d'inspiration) parfois prog (Leeches), parfois politisé (London is the Reason). Mais alors que le groupe pourrait juste se permettre de faire plein de bruit en cinquante minutes, ils ne s'arrêtent pas là : The Vulture est divisé en deux parties, dont la première voit Frank Carter chanter d'une voix posée et très mélodieuse, ce qu'on aurait vraiment eu du mal à imaginer, sur un lit de guitare acoustique et de violons. Mais cela fonctionne très bien, surtout entre deux décharges d'adrénaline. La seconde partie commence progressivement avec un glas, avant de verser dans la folie furieuse, toutes guitares dehors ("This!!! Is!!! The!!!! End!!!). Un peu plus loin, Carter fait des harmonies avec Simon Neil de Biffy Clyro, ce qui est encore plus effrayant que sur papier.

Tout n'est pas toujours aussi inspiré. L'apparition des chevaliers de l'apocalypse fait un peu grand guignol, et quelques backing vocals rappellent une ambiance stade de foot après défaite de l'équipe locale (et vengeance s'ensuivant). De même, musicalement, on reste souvent dans le même canevas. Efficace, certes, mais forcément limité. Même si Gallows pourra aussi servir de porte d'entrée vers d'autres groupes punk/hxc qui n'ont jamais signé de contrat mirobolant.

C'est la fin de l'album qui impressionne le plus. Misery, avant-dernier morceau, commence avec quelques accords de piano, avant qu'un feedback de guitare ne déchire l'air, laissant Carter entonner "Misery fucking loves me, and I love her too". Misanthrope, et voix d'une génération. Enfin, Crucifucks vaut mieux que son titre : c'est l'ultime clou dans le cercueil de la vieille Albion, qui vient d'envoyer des députés nazis, ouvertement racistes et négationnistes au parlement européen. Une citation vaut mieux qu'un long texte :

It's time for us to take a stand,
We are dying on our knees in this grey broken land.
And all the martyrs they have convinced themselves,
That death ain't a sin when you're living in hell.
There ain't no glory and there ain't no hope,
We will hang ourselves, just show us the rope.
There ain't no scapegoats left to blame.
We brought this on ourselves, and we could have been the change.
Great Britain is fucking dead so cut our throats,
End our lives, let's fucking start again.

1637Sous un fond de feedback et un rythme militaire. Ensuite, le morceau se termine en long fondu de quatre minutes, avec une sirène de funeste mémoire, et un magnifique passage de musique classique. Grey Britain se termine comme ces films à interprétation libre. Est-ce la lumière au bout du tunnel, ou une lourde porte qui se ferme, pour ne plus jamais s'ouvrir?

Certaines questions dépassent la portée d'un simple album, ou d'un gros chèque qui ne vaut finalement pas grand chose. Nous avons maintenant le choix : observateurs, acteurs, victimes consentantes ou non, nous avons tous un rôle à jouer dans la société, maintenant plus que jamais. Comme souvent, une époque très troublée produit des oeuvres artistiques de grande qualité, dont la portée sociétale transcente les simples considérations critiques. Grey Britain en fait partie.



Publié le 11 juin 2009 sur Shoot Me Again

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14/06/2009

Sonic Youth - The Eternal

SonicYouthTheEternalQue peut-on encore prouver quand on est un groupe légendaire, qui a influencé des générations d'indierockers (ils sont d'ailleurs maintenant chez Matador), et qu'on sort son seizième album (sans compter les EP et albums expérimentaux)? Rien, si ce n'est démontrer qu'on a raison de continuer, et qu'on ne fait pas partie de ces groupes qui auraient du se séparer depuis des années. Sonic Youth n'en fait pas partie, et une fois de plus, The Eternal est un album de grande qualité, avec tous les éléments habituels des derniers SY : accessibles, pas trop expérimentaux mais toujours inimitables. The Eternal suit donc les pas de Sonic Nurse et Rather Ripped, en mixant passages mélodiques avec instrumentation spatiale, chant de Kim Gordon avec celui de Thurston Moore (avec un peu de Lee Ranaldo).

En fait, c'est peut-être leur album le plus accessible : Sacred Trickster dure moins de trois minutes, pendant lesquelles tout est dit. Antenna est très joli, Calming The Snake un peu plus punk en attitude alors que Thunderclap For Bobby Pyn est presque pop. C'est alors qu'on pense à Be Your Own Pet, déjà regretté groupe de Nashville emmené par une chanteuse blonde un peu cinglée et au penchant pour le bruit peu consensuel. BYOP, qui était signé sur Ecstatic Peace, le label de Thurston Moore. BYOP, qui est maintenant définitivement un grand groupe, parce que être comparé à Sonic Youth, c'est une chose, mais le contraire est déjà nettement plus surprenant. C'est pourtant à eux qu'on pense partiellement en entendant Sacred Trickster, Thunderclap ou No Way.

Mais évidemment, Ranaldo et Moore sont des dieux vivants de la guitare, et leur jeu stupéfiant dégouline de chaque morceau. Comme chaque album du Youth (ou de Dinosaur Jr, par exemple), The Eternal est un long orgasme pour quiconque apprécie les sons de la guitare électrique, et qui se saigneraient les veines pour s'offrir les toutes nouvelles Fender Jazzmaster Signature Series de Moore et Ranaldo.

Alors, c'est vrai, après seize albums, Sonic Youth ne se réinvente pas, et ne semble toujours pas vouloir (être capable de?) écrire une vraie chanson. Ils ne sont plus vraiment nécessaire dans le paysage contemporain, mais ils ont la grande décence de refuser d'être mauvais. Ce qui est important à souligner.

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09/06/2009

Faith No More - The Very Best Definitive Ultimate Greatest Hits Collection

Faith_No_More_-_The_Very_Best_Definitive_Ultimate_Greatest_Hits_CollectionCette année, nouveauté : en plus des traditionnelles compiles de Noël, on doit aussi se taper celles des groupes récemment reformés qui tournent cet été. Les deux gros noms sont Blur, avec le double Midlife, qui sort la semaine prochaine et qui est nettement, nettement supérieur au Best Of et Faith No More, qui nous sort ici une sixième compile en 10 ans, d'où le titre auto-ironique.

Même si Blur (on reviendra sur la compile, bien sûr) a souvent été considéré comme un groupe de singles, nombre de leurs meilleurs morceaux se trouvaient cachés entre deux hits. Faith No More n'a pas vraiment eu de hits majeurs, de plus, leurs albums étant généralement tellement éclatés et carrément bizarres que sortir des extraits d'un tout semble incongru. C'est sans doute pour cela que malgré les efforts (six compiles, donc), aucune n'est vraiment satisfaisante.

Celle-ci n'est pas la pire, comprenant dix-huit (excellents, évidemment) morceaux dans un ordre vaguement chronologique. On se demande bien où se trouve The Gentle Art of Making Enemies, mais bizarrement, il manquait déjà à l'appel de la triple anthologie The Works. On conseillera donc au néophyte d'essayer cette compile ou les deux autres décentes (Who Cares A Lot? ou This Is It, les deux restantes étant absolument à éviter), et ensuite d'aller vers les albums studio, seuls témoins valables du caractère exceptionnel de Faith No More.

Petite déception, par contre, pour le second cd, de "raretés". En effet, la majeure partie de celui-ci est constitué de faces B et morceau live qui se trouvaient déjà sur le second cd de Who Cares a Lot. Les deux seules nouveautés sont Sweet Emotion et New Improved Song, jusqu'ici inédite sur sortie commerciale. Il n'empêche, ces morceaux restent tous excellents (mention spéciale à Absolute Zero) et Das Schutzenfest est toujours aussi fantastiquement ridicule.

Une compilation obligatoire, vu le retour du groupe, mais si elle peut servir à aiguiller le plus de monde possible vers les albums, alors, tant mieux : Faith No More le mérite amplement.

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06/06/2009

Placebo - Battle For The Sun

BattlecoverC'est qu'il s'accroche,le ptit Brian. Après trois albums en demi-teinte (pour être gentil), il n'a toujours pas décidé de raccrocher. Mieux (?), il a viré le batteur pour prendre une sorte de Travis Barker blond, et s'est apparemment payé quelques implants capillaires. Et il est heureux, Brian. Battle for the Sun est leur album "heureux", c'est en tout cas ce qu'il raconte dans chaque interview. Cela semble terriblement stéréotypé, mais voilà encore quelqu'un qui était nettement meilleur quand il ne l'était pas, heureux. Battle for the Sun continue la lente pente descendante commencée avec Black Market Music sans être spécialement pire que les deux précédents (ou peut-être bien que si, je ne m'en souviens plus).

Quoi de nouveau? Moins de guitares acérées, plus de synthés qui sonnent parfois sympathiquement comme une vieille Nintendo. Des refrains "infectieux" (ce qui est censé être bien, mais personne n'a envie de se choper la grippe molkienne), comme celui, en espagnol, d'Ashtray Heart et parfois un peu d'originalité, comme le sombre rythme de Battle for the Sun, qui fait penser (un tout petit peu, au début) à Pure Morning. A part ça, tout est oublié après une écoute, et c'est bien dommage. Mais qui a encore envie d'entendre Molko ruminer dans son nez des mauvaises rimes à la killer/lover/brother?

On sauvera peut-être du lot le single For What It's Worth, single assez décent et le dancepunk 2002 Breath Underwater. Mais sinon, le groupe est bien loin de celui qui a produit Without You I'm Nothing, où la voix, déjà énervante, de Molko était sauvée par des compos excellentes et une énergie stupéfiante. Maintenant, c'est juste un vieux groupe de cons ramollis.

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02/06/2009

NOFX - Coaster

1601Vingt-cinq ans de carrière, douze albums, et aucun compromis. Le bilan actuel de NOFX est assez extraordinaire, surtout quand on les compare à un autre groupe "punk" qui vient de sortir son dernier album assez immonde. Pas de compromis, mais certains diront pas d'évolution. Ce n'est peut-être pas totalement faux, mais NOFX a quand même évolué au fil des années, via des éléments ska, reggae, et évidemment The Decline, morceau-phare de seize minutes. Vous connaissez beaucoup de groupes punk qui font des morceaux de seize minutes, vous?

Coaster n'est peut-être pas le meilleur album de NOFX, et comprend son lot de gras (Fat Mike appréciera) mais il reste recommendable sur plusieurs aspects. D'abord, forcément, une certaine dose d'humour. Le cd s'appelle Coaster, mais le vinyl... Frisbee. Objets différents, usages différents. Ensuite, quand même, la musique. We Called It America, qui ouvre l'album est le seul morceau politique, et sonne plutôt Bad Religion. Pas une mauvaise chose du tout, d'ailleurs, même si l'ambiance générale reste à la déconnade (I Am An Alcoholic, Best God In Show, The Quitter). Déconnade qui tourne parfois au mauvais goût : Creeping Out Sara raconte une rencontre avec le groupe indé canadien Tegan & Sara qui finit par une demande de partie à trois... Mais bon, c'est aussi pour ce genre de trucs over the top qu'on aime (ou pas) NOFX. Plus étonnant, My Orphan Year raconte la colère retenue du narrateur lors de la mort de son père, coupable de grave manquements qu'il refuse d'excuser. Poignant et émouvant. Dans un registre nettement plus léger, on retiendra aussi Eddie Bruce and Paul, qui tourne en vaudeville les premières années d'Iron Maiden, et le changement de vocaliste entre Paul Di'Anno et Bruce Dickinson, le tout dans un registre metal qui rappelle en les ridiculisant les amateurs de Sum 41.

Après douze albums basés sur plus ou moins la même chose, on ne peut pas s'attendre à un changement radical de la part de NOFX. Et tant mieux : quoi de pire que d'entendre un groupe se fourvoyant totalement en choisissant, pour diverses raisons, une voie qui n'est pas la leur. En restant sérieusement décalés, les quatre californiens s'assurent notre sympathie, et sortent, avec Coaster, un album justement sympathique.

 

PS : L'article a d'abord été publié sur Shoot Me Again.

23:06 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/05/2009

Green Day - 21st Century Breakdown

600px-21st_Century_Breakdown_Album_CoverLe défi du jour : parler du nouvel album de Green Day sans avoir l'air d'un vieux con. Parce que, voyez-vous, je me rappelle de l'époque où Basket Case passait sur MTV (et donc, de l'époque où MTV diffusait de la musique). En conséquence, je suis plutôt un amateur de la première période, vu que Green Day est un des rares groupes a avoir réussi à avoir deux groupes de fans de tranches d'âges différentes, grâce au carton d'American Idiot, il y a cinq ans. J'avais d'ailleurs été enthousiasmé par ce retour percutant, alliant relevance politique à un renouvellement musical, même si l'album devenait fatigant au fil des écoutes. Maintenant adoubé dans le clan fermé des immmmenses groupes de stade (avec U2 et Coldplay, sans doute les seuls groupes mainstream pouvant rivaliser), Green Day pouvait se permettre aussi de sortir une grosse merde et la vendre par millions. Et voilà, c'est fait.

Grosse merde, non, c'est quand même exagéré. Mais 21st Century Breakdown est très, très faible. Divisé en trois actes, l'album ressemble en effet à une comédie musicale, centré sur les personnages de Gloria et Christian (sic). Donc, la majorité des morceaux commencent calmement, piano, guitare acoustique, mais après, bam, pause dramatique et on a droit à un peu de bruit. Oh, rien de bien terrible non plus, juste assez pour faire sauter des ados sur leur matelas. Comme en 95, ok, mais en nettement moins bien. Le premier acte est comme ça, intro longues et ennuyeuses et le single Know Your Enemy, qui a au moins le mérite d'être assez catchy. Il suffit d'écouter Before The Lobotomy pour réaliser : "dreamiiiiing, I was only dreamiiiing". West Side Story power. La seconde moitié est tellement percutante qu'on n'y retient rien, juste plus de ballades que d'habitude. La troisième comprend quand même deux chouettes morceaux : Horseshoes And Handgrenades, totalement pompé sur The Hives (tout l'album, y compris la pochette, est méchamment sous influence) et American Eulogy, double morceau sans aucun doute le meilleur du lot. 21 Guns est super marrant, ceci dit, avec BJ qui essaie de chanter dans les aigus. Une grosse et bête ballade finit un album trop long, trop lourd, peu mémorable et qui dont il est fort difficile de trouver qu'il n'est pas le moins bon album du groupe. Mais ça va se vendre...

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26/05/2009

Manic Street Preachers - Journal for Plague Lovers

Journal_for_Plague_Lovers_album_coverL'histoire des Manic Street Preachers est une des plus troublées du rock contemporain (on y reviendra dans quelques jours/semaines, d'ailleurs), la disparition de Richey Edwards en 1995 étant l'étape la plus tragique. Presque quinze ans et cinq albums plus tard, les trois membres restants ont choisi de sortir un album construit autour de ses paroles et enregistrés par le producteur préféré d'Edwards, Steve Albini.

Très vite, un parallèle est fait entre cet album et The Holy Bible, chef d'oeuvre du groupe (et un des albums les plus fascinants de tous les temps) aux paroles très personnelles écrites par Edwards, et à l'ambiance phénoménalement étouffante (et une autre peinture de Jenny Saville en pochette). ll n'en est rien. On trouvera juste quelques points communs, dont (forcément) un usage similaire d'une certaine imagerie, ou quelques lignes de basse. Mais Journal for Plague Lovers
est un album différent, ce qui ne l'empêche pas d'être sans problème le meilleur album des Manics depuis plus de dix ans.

Peeled Apples, pour troubler les pistes, commence par un élement très Holy Bible : le sample d'un film, en l'occurence l'extraordinaire The Machinist, avec un Christian Bale dont on dit que le personnage ressemblait fort à Edwards, qui était atteint d'anorexie sévère. Ensuite, une basse pouvant faire penser à Archives of Pain ou Of Walking Abortion, mais ce sera tout : les paroles d'Edwards (ici et ailleurs) sont moins sombres, parfois d'ailleurs teintées d'humour, et musicalement, l'album est plus aéré. Reste qu'il faut quasi toujours avoir les paroles devant les yeux : comme avant, James Dean Bradfield et Sean Moore ont du écrire la musique autour de textes indépendants. Mais même à ce point de vue là, on est loin de Yes ou ifwhiteamericawouldtellthetruthforonedayit'sworldwouldfallapart. Il a quand même fallu du temps pour que je comprenne que le morceau ne commençait pas par "The Morrissey, the less ice cream", hélas. On retrouvera plus loin des références à Noam Chomsky (écrites il y a 15 ans et plus, rappelez-vous) et une phrase typiquement Edwardsienne : "The Levi jeans will always be stronger than the uzi". Bon, et Peeled Apples ressemble aussi à Temptation de Heaven 17. Mais pas à Satriani.

En parlant d'humour et de textes, que dire de Jackie Collins Existential Question Time, et sa question introductive ("If a married man fucks a Catholic and his wife dies without knowing, does it make him unfaithful?"), suivie d'un refrain très infectieux :"Oh Mommy what's a sex pistol?". La guitare de Bradfield fait merveille, et les comparaisons initiales avec Holy Bible sont maintenant dissipées : on peut simplement écouter l'album pour ce qu'il est. Le trio d'intro se termine avec Me & Stephen Hawking, et un couplet sur du lait transgénique contenant des protéines humaines. Ok, mais le morceau est top, malgré un refrain un peu anti-climactique. On avait presque oublié à quel point ce groupe peut être bon. Autre point positif de l'album : la moitié des morceaux fait moins de trois minutes, et ne se perd donc pas en chemin.

La première moitié de l'album reste dans la même veine, alliant fulgurances textuelles avec des morceaux bien foutus et surtout pleins de vie : pour la première fois depuis longtemps, on n'a plus l'impression d'entendre trois vieux types, certes talentueux, mais qui sortent des albums comme on visse des portes de bagnoles chez Opel. Ou plutôt Vauxhall. Cet album à une âme.

Pour revenir à Steve Albini, il a exactement fait ce qu'on attend de lui : un enregistrement très sec, très live, mais pas spécialement proche de In Utero, comme Edwards le voulait : les Manics ne sont simplement pas Nirvana, pour un bien et pour un mal. Ce qui n'empêche pas She Bathed Herself in a Bath of Bleach d'avoir une sorte d'esprit Nirvana, tout en disto crapuleuse à la Rape Me, et en batterie claquante, Sean Moore étant une fois de plus l'arme plus vraiment secrète du groupe. Facing Page : Top Left introduit une harpe, qui rappelle évidemment la ballade (écrite par Edwards) d'Everything Must Go, Small Black Flowers That Grow In The Sky. Elle est tout aussi jolie, et bénéficie d'une refrain à la consonnance fabuleuse : "This beauty here dipping neophobia", allez y, chantez pour voir.

La seconde moitié de l'album est sans doute moins puissante : Marlon JD parle de Brando (mais personne ne sait ce que JD veut dire), et est écrite par le bassiste et habituel lyriciste, Nicky Wire. Wire s'améliore clairement en tant que compositeur, mais le morceau n'a pas trop le niveau des précédents, sans doute à cause d'une prestation vocale en demi-teinte (ou plutôt d'un effet vocal douteux) et d'une boîte à rythme incongrue. Mais chouette guitare, une fois de plus. Doors Slowly Closing et All Is Vanity sont les deux derniers grands morceaux de l'album, le premier avec une ligne mélodique rare mais superbe, une ambiance générale assez lourde et un extrait adéquat de Virgin Suicides ; alors que All Is Vanity donne dans la reverb, riff mécanique et énorme refrain. Finalement, ces deux morceaux ne sont pas si loin de Holy Bible, il faut le reconnaître.

La fin de l'album est un peu bâclée, avec les dispensables Pretention/Repulsion (et son refrain étrange, "BORN.A.GRAPHIC VS PORNOGRAPHIC") et Virginia State Epileptic Colony (early REM). La grande curiosité est pour la toute fin : William's Last Words sonne nécessairement comme une note de suicide ("I'm really tired, I'd like to go to sleep and wake up happy"), mais ce n'est apparemment pas le cas. On réservera la réponse jusqu'au jour où Richey Edwards reviendra parmi nous comme si de rien n'était... Nicky Wire chante ce dernier morceau, mais comme tout le monde sait qu'il ne sait pas chanter du tout, il évoque un autre non-chanteur, Lou Reed et s'en sort plutôt bien. Une chouette ballade avec juste ce qu'il faut d'émotion.

Comme souvent, les Manics ont ajouté un morceau caché. Cette fois, il est totalement indispensable, car Bag Lady est peut-être le meilleur morceau de l'album, avec un riff glacialement effrayant. Pourquoi n'est-il pas sur l'album? Parce que là, aucun doute, on est clairement en plein Holy Bible. Attention : il n'est pas disponible sur la version spéciale limitée ni sur le vinyl (ce qui est assez scandaleux d'ailleurs).

Les comparaisons inévitables n'étant que rarement justifiées, Journal for Plague Lovers doit vraiment être considéré comme un album à part, et pas comme une suite de quoi que ce soit. Les Manics ont traversé un long désert (et comme je le disais en intro, on en reparlera) avec des albums en demi-teinte, mais déjà, Send Away The Tigers (2007) était source d'espoir. Maintenant, on a retrouvé un groupe motivé, il ne reste plus qu'espérer que même sans les textes et l'inspiration de Richey Edwards, ils arriveront à continuer à progresser, et à sortir un prochain album studio (le dixième!) qui vaudra aussi le déplacement. C'est tout le mal qu'on souhait à un groupe qui n'a jamais cessé d'être passionnant.

04:00 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/05/2009

Ben Harper & Relentless7 - White Lies For Dark Times

White-lies-for-dark-timesBen Harper, c'est une sorte de passe-partout. Festivals rock, world music, plus ou moins indé/commercial/enfumé, il convient partout. Et c'est justement là le problème, le Benny, il commençait sérieusement à s'embourgeoiser, à force de faire plus ou moins la même chose aux mêmes endroits. Alors, il a viré ses Innocent Criminals (enfin, gentiment, parce que s'il se prenait une baffe de son ex-bassiste, il partait rejoindre Bob Marley direct) pour former un nouveau groupe, apparemment plus carré. C'est bien, non?

Non. Ouais, White Lies For Dark Times est effectivement plus énervé que Lifeline (qui était un album acoustique, de toute façon, au demeurant très sympathique. Mou, mais sympa. Ca vous rappelle quelqu'un?), mais malheureusement, les bonnes intentions sont vite diluées dans un mélange insipide de funk, soul et rock. Pourtant, cela commence pas mal du tout, avec les excellents Up To You Now (un cadeau-surprise à celui/celle qui me dit sur quoi l'intro est pompée, plus moyen de m'en souvenir) et Shimmer And Shine, qui prouvent au moins que Harper sait toujours s'entourer d'une section rythmique impeccable. Dommage que le tempo reste trop souvent le même.

Mais comme on pouvait le craindre, la médiocrité (bien exécutée, mais bon) prend vite le pas sur l'intérêt inhérent d'un artiste qui n'a pas réussi à se renouveler, comme il le désirait. Mais est-ce qu'il le désirait?

23:34 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/05/2009

Graham Coxon - The Spinning Top

The_Spinning_TopCela semble étrange, mais Graham Coxon a maintenant sorti plus d'albums solo (sept) que d'albums avec Blur. De plus, malgré la réunion de son groupe légendaire, The Spinning Top ne ressemble pas à Blur, mais alors pas du tout. Et il ne ressemble pas vraiment non plus à ce que Coxon a pu faire précédemment.

Il est en effet fort différent des autres : il est assez long (68 minutes), comprend pas mal d'invités (batterie, piano, une kyrielle d'instruments indiens), est vaguement conceptuel et surtout, Graham y joue majoritairement une guitare acoustique, usant et abusant de techniques propres comme le finger picking. Dès le début, on comprend qu'on est radicalement en présence de quelque chose de spécial : Look Into The Light se réfère directement à Nick Drake (qui n'est pas une nouvelle influence de Coxon, il en parlait déjà dans son premier album), alors que This House est une chanson simplement magnifique. Avec un changement d'accord splendide, le tout porté par une voix qui, magré les nouvelles expériences commerciales des deux derniers albums, reste expressément peu/mal assurée. Juste après, In The Morning est un tour de force : 8"30 de folk acoustique a priori simple (disons que ce n'est pas Devandra Banhart) mais réussie, surtout grâce aux passages indiens, parfaitement intégrés. On se demande déjà comment l'album pourrait faire mieux après un morceau pareil, le plus ambitieux de la carrière de Coxon, solo ou pas.

Coxon ressort sa guitare électrique à certains moments, mais sans jamais rappeler ses anciens travaux solo ou bluresques, comme si The Spinning Top était, plus qu'un nouveau départ, un album... à part. If You Want Me fait penser à Escape Song par sa dualité acoustique/électrique, mais sans chercher à faire du bruit. Une petite cloche accentue une mélodie superbe, qui montre à quel point Coxon a progressé en tant que songwriter : si Blur venait a écrire de nouveaux morceaux, ils auraient ni plus ni moins deux songwriters exceptionnels. De plus, Coxon quitte la relative simplicité qui caractérisait ses albums solo (les trois premiers ayant été réalisés par lui-même, à 100%) : outre l'instrumentation indienne, on retrouve un peu de flute, des backing vocals féminines, et des arrangements complexes. Ce qui fait de The Spinning Top un album intrigant, varié et très intéressant.

Les quinze morceaux valent tous leur petit paragraphe. Le simple et entêtant Perfect Love, l'ambitieux Brave The Storm, l'impitoyable Dead Bees (un peu de Queens of the Stone Age? merci!), le dynamique Sorrow's Army (et la technique parfaite de Coxon), le bruyant Caspian Sea ou encore Humble Man, plus catchy que Coffee and TV. L'album se termine sur un autre trio de morceaux parfaits, reprenant un peu de tout dans le catalogue Coxonien, mais surtout des backing vocals ressemblant étonnamment à ... Damon Albarn. Affaire non élucidée, mais The Spinning Top nous fait tirer des conclusions.

1) Coxon est encore meilleur qu'avant, grâce à ses nouvelles techniques et son ambition renouvelée
2) Il s'est écarté de la relative facilité des deux derniers albums, pour quelque chose de moins aisé mais plus intéressant
3) Que Blur revienne pour de bon ou pas, quelle importance : les meilleurs Coxon valent les meilleurs Blur
4) Top 5 de 2009, facile.

21:16 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

15/05/2009

Art Brut - Art Brut Vs. Satan

Art_brut_vs_satanJ'avais franchement oublié Art Brut, et c'est le fait que Black Francis a produit leur dernier album qui m'a poussé à l'écouter. Je n'ai pas eu tort : Art Brut Vs Satan, c'est 40 minutes assez chouettes, qui rappellent plus leur bon début que le second album déjà plus oubliable. Même si Francis fait un bon job, en faisant ressortir la simplicité minimaliste basse (surtout)/batterie/guitare postpunkish du groupe, c'est une fois de plus les paroles d'Eddie Argos qui constituent le plus de l'album.

Dans DC Comics & Chocolate Milkshake, il étale quelques unes de ses ambitions "Some things will always be great, even though I'm 28". Je n'ai qu'un an de plus qu'Argos, et je sors assez rassuré de l'écoute de cet album. Plus loin, il se souvient de ses premiers échecs amoureux, de sa grande timidité ("deep breath, stay calm, sweaty palms"), et des discussions de l'époque ("you like the Beatles, I like the Stones"). Slap Dash for No Cash parle de son amour de la lo fi ("why do you want to sound like U2? it's not a very cool thing to do"), et ailleurs, son obsession High Fidelitesque se répète. Dans The Replacements, qu'il regrette d'avoir découvert si tard, il met en avant la question ultime : qu'acheter entre les anciens albums, en seconde main (moins cher) ou les ressorties (avec les morceaux bonus). Malheureusement, Argos ne parvient pas à atteindre une conclusion, nous laissant seul dans le choix cornélien... Argos reprend aussi sa vieille habitude de donner des titres connus à certains morceaux (Twist And Shout, The Passenger) sans qu'ils y ressemblent pour un sou. Enfin, Mysterious Bruises raconte l'étrange soirée, où avoir pris un zyrtec, deux advil et un verre, le narrateur se retrouve couvert de bleus...

Tout cela ne veut pas dire que musicalement, Art Brut ne vaut rien, loin de là : Summer Job, par exemple est exceptionnellement catchy, et l'album se tient du début à la fin. Mais le problème avec un album dont les paroles sont l'attrait, c'est qu'on est pas sûr de l'écouter souvent. Il reste qu'Art Brut fait un peu figure de survivant dans le mouvement art-punk d'il y a quelques années, vu que les autres prétendants s'en sont allé vers d'autres horizons musicaux. Et Art Brut Vs Satan, pour ce qu'il est, est bien chouette.

14:29 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/05/2009

Ghinzu - Mirror Mirror

51QrUAvbGsL._SL500_AA240_Commençons par un coming-out (que je n'ai jamais caché) : je suis belge. Et donc, je suis légalement obligé d'adorer Ghinzu. Pas possible autrement : chaque magazine, chaque journal parle d'eux comme "le plus grand groupe de l'histoire du rock Belge" (authentique, une fois). Donc, avoir le malheur de les critiquer, c'est un peu comme être américain et ne pas trop être fan des guerres pétrolières. Ben moi, figurez-vous, Ghinzu m'emmerde.

Ce n'est même pas spécialement leur background bourgeois (j'aime bien les Strokes) ni la tête à claque du chanteur (même remarque) ni même son pseudo imbécile ("John Stargasm", déjà plus vendeur que David Israël, non?). Ce n'est pas non plus le fait que leur service presse est excellent, écrivant à l'avance les articles publiés par les grands quotidiens belges (l'article dans Le Soir était ridicule). Ce n'est même pas non plus leur accent anglais naze (Girls In Hawaii, heureusement, fera toujours pire) ou leurs paroles qui feraient se tordre de rire un scénariste de porno ("Let me in, let me out / Swallow me slowly / I'm down in your throat / I can hear singing / I can hear you screaming your joy? PLEASE, je m'en vais écouter Be Aggressive de Faith No More). Est-ce peut-être le fait que chaque morceau de l'album est aussi sous influence que le gosse caché de Pete Doherty et Amy Winehouse? Qu'ils ont tellement écouté Soulwax qu'ils ont oublié que Soulwax a été un chouette groupe rock? Que malgré tous les efforts fournis, Stargasm n'est pas Casablancas (Take It Easy, même les titre est plus Strokes que les Strokes). Que la pochette est assez honteusement pompée sur Battles?

Non, même pas, rien de tout ça. C'est juste que Mirror Mirror ne me fait rien. Ce n'est pas désagréable, correctement joué (même si on fait de ces miracles, à notre époque...), évidemment très pute, mais c'est leur marque de fabrique, aussi. C'est un disque merveilleusement calculé, parfaitement formaté pour chaque occasion. DJ set dans une soirée chic, festivals bourrins en Flandre et ailleurs, nos fantastiques radios belges, le vieux con qui croit qu'il connaît un truc hype, l'enchaîneur de disques à un mariage, ça marche à chaque fois, taux de pénétration (faut se mettre au niveau) proche des 100%.

Mais la vie est trop courte, et 2009 fort riche en sorties nettement plus intéressantes pour perdre son temps avec cet album. Même si le trip Dalida est marrant.

14:01 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/04/2009

Dananananaykroyd - Hey Everyone!

DananaHeyEveryoneÀ intervalles réguliers, arrive un groupe qui nous fait replonger 5/15/30 ans en arrière (biffez la mention inutile suivant votre age). Pas spécialement en relation avec le genre de musique de l'époque, mais juste parce que le groupe est fun. Ca ne dure généralement pas longtemps : le groupe fun devient très vite trop sérieux (Idlewild) ou implose (Be Your Own Pet). Donc, profitons ici et maintenant de ce concentré d'énergie aussi futile qu'orgasmique : Danananaykroyd.

Douze morceaux, 45 minutes, un bordel total et généralisé, des morceaux qui partent dans tout les sens, et apparemment un live show à la hauteur, Dana (plus simple) est une fameuse curiosité. Ils ne se refusent rien, quand ils poussent la disto à fond, c'est vraiment à fond, genre Sonic Youth/Dinosaur Jr. À FOND. L'album ne comprend pas vraiment de temps mort, mais le début est terriblement impressionnant, l'intro instrumentale titre, suivie de Watch This (comment caser deux chanteurs atteints de logorrhée aigüe) et du morceau qui les ai fait connaître, The Greater Than Symbol And The Hash (>#, donc).

Ce morceau explique bien ce que Dana représente : une certaine mélodie, des paroles over-the-top, une instrumentation assez, disons, improvisée avant, après 1"20, de partir dans UN PUTAIN DU MUR DU SON DE MALADE. Ces gens sont dingues. Ca joue fort, ça joue vite, et c'est très très bon. Puis, forcément, ça ralentit, et ça devient carrément doom, une basse profonde, un feedback assourdissant et un type qui hurle on ne sait pas quoi. Il faut aimer le désordre et les mannes d'influences disparates, mais si c'est le cas, alors...

Black Wax, c'est un peu leur côté pop. Problème : personne ne sait vraiment chanter, et comme l'instrumentation chaotique laisse ici la place à une structure classique, c'est déjà moins réussi. On imagine qu'ils voulaient un morceau accessible, et le voilà. Maintenant, chassez le naturel, etc etc, après 2"30 ça castagne sérieux, mais ça reste trop contenu par rapport au reste. Le calme relatif n'est forcément là que pour préparer le maelstrom cinglé qu'est Totally Bone, dont l'intro est sans doute jouée aussi vite qu'humainement possible. Le reste est à l'avenant, alliant parties rapides, parties violentes et parties rapides et violentes. Non, vraiment, ça ne s'arrête quasi pas, prenant ses influences dans le punk, le hardcore, le grunge et surtout le postcoren'importequoietons'enfout. Donc, je laisse tomber, et je repasse l'album une fois de plus.

Essayer de décrire ce qui se passe dans cet album est inutile (surtout en l'écoutant en même temps), Hey Everyone est l'album le plus rock n roll de l'année, au sens propre du terme. Et en live, ça doit, je pense, être plus fun qu'Oasis. Fuckin' kids.

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23/04/2009

Noel Gallagher - The Dreams We Have As Children

Noel_Gallagher_The_Dreams_We_Have_As_ChildrenAvant la déchéance d'Oasis, deux choses étaient coulées dans le béton : 1) Noel Gallagher était le seul compositeur du groupe et 2) les faces B de single étaient souvent les meilleurs morceaux. C'est à cette époque où nous emmène cet album live, uniquement disponible sous forme digitale (pour sa version complète) et qui reprend un concert de 2007 au Royal Albert Hall de Londres, où Noel était accompagné de son guitariste Gem Archer ainsi que d'un batteur.

Pour ceux qui n'ont pas suivi le Oasis pré-2000, voire les nouveaux fans (???), la setlist est intrigante. Un seul morceau date d'après 2000, on n'y retrouve au total que trois singles (dont une réinterprétation radicale) mais sept faces B et trois nouvelles reprises. Bref, un set list pour fans des débuts, particulièrement choyés. Le fait que ce sont de loin les meilleurs morceaux d'Oasis, et qu'en fait, il n'y manque pas grand chose est encore plus intéressant.

Noel commence donc par trois excellentes faces B ((It's Good) To Be Free, Talk Tonight et Fade Away, qui ressemble toujours autant au Freedom de George Michael), suivi d'un Cast No Shadow bien sombre, avec cordes, et d'une nouvelle Bside, Half The World Away, repris en choeur par toute la salle. Quel autre artiste pourrait en dire autant? De manière assez amusante, The Importance of Being Idle (seul morceau récent) fait méchamment retomber l'ambiance, mais l'invité qui suit va inverser la tendance : Paul Weller, fidèle mentor de Gallagher, avec qui il reprendra All You Need Is Love et son propre Butterfly Collector. Rien de bien étonnant, mais c'est toujours chouette à entendre, à avoir tous ces morceaux au même endroit. Don't Go Away et Listen Up sont réarrangés, de manière plus sombre, pour ressembler à un Masterplan étonnamment absent. Sad Song, bizarrement, est nettement moins sombre que la version orginale.

Déjà tout à fait honorable, le show va prendre de la hauteur avec le toujours émouvant Slide Away, la version "Ryan Adams" de Wonderwall et bien sûr, l'inévitable mega hit de Noel, Don't Look Back In Anger. Seul faux pas du concert, sa reprise des Smiths, There Is A Light That Never Goes Out. Noel n'est pas Morrissey, l'intention était bonne, mais l'exécution déjà moins. Enfin, Married with Children complète le set comme il terminait Definitely Maybe, toujours aussi doucement stupide.

Cet album live est une bonne initiative (surtout que les bénéfices vont au Teenage Cancer Trust), et à le mérite de constituer une sorte de best of des non-hits d'Oasis, chantés par un type qui ne chante pas trop mal et qui est surtout nettement moins irritant. Sympa, donc.

13:19 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/04/2009

Peter Doherty - Grace/Wastelands

GracewastelandsQue dire sur Pete(r) Doherty que les tabloids n'ont pas encore dit? Évidemment, énormément de choses. D'abord, que les Libertines étaient le dernier groupe anglais auxquels on pouvait croire, s'identifier. Oh, il y en aura sûrement d'autres, mais de ce genre, on en a quelques uns par siècle. Ensuite, que Doherty, malgré les frasques, est un poète et un compositeur de talent, même s'il ne sera jamais un grand chanteur. Enfin, que son premier album solo, Grace/Wastelands, comprend sans aucun doute ses meilleurs morceaux depuis le premier Libertines.

Babyshambles, il faut bien le reconnaître, c'était pas terrible du tout. Un premier album calamiteux, un second juste meilleur. On ne ressortira de cette période que le magnifique Albion, mais le morceau était aussi vieux que What a Waster. Doherty devait donc s'en sortir, au risque de - littéralement - disparaître. Et il a trouvé une aide précieuse, auprès de quelqu'un à qui on ne le fait plus : Graham Coxon.

Coxon, aussi Londonien que Doherty, est passé par l'immense succès, l'adulation, et les abus de substances (plutôt alcool pour lui). Il pouvait donc aider Doherty, qu'il a vite qualifié de "scumbag magnet", à sortir du trou, tant musicalement qu'humainement. On ne saura jamais ce que Graham Coxon - l'être humain - a fait pour Peter, mais par contre, il a prêté ses talents de guitariste à onze morceaux sur douze. Et il a bien fait.

Doherty, comme dit plus haut, ne sera jamais un grand chanteur, il se complait d'ailleurs encore parfois dans cet espèce de murmure de sdf alcoolo dans un couloir de gare. Dommage, parce que quand on écoute ce qu'il dit, on se rend compte qu'il ne reste plus beaucoup d'auteurs de talent. Vous connaissez encore beaucoup de monde qui écrit des rimes enchâssées comme "my rival the sun / who ripens the plum", vous? Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les guitares de Coxon sont quasi toutes acoustiques (comme son prochain - et excellent - album solo, on en reparlera), ce qui accentue l'aspect "chanson".

La majeure partie des morceaux sont assez simples d'accès, des chansons acoustico-romantiques, mais bien écrites et parfois vraiment touchantes : Salome, I Am The Rain comptent parmi les meilleurs morceaux écrits par Doherty. Mais il tente de surprendre, avec un Last of The English Roses formaté pour ressembler fort bizarrement à Gorillaz, ce qui ne marche pas trop bien. De même, l'obsession maladive de Doherty avec le classicisme british le pousse parfois à faire un peu n'importe quoi, comme le music hall douteux de Sweet By and By. Mais ces influences arrivent à pénétrer l'essence même d'autres morceaux, comme Arcady ou un poème de guerre appliqué en 2009, 1939 Returning.

Ce qui surprend surtout, c'est la solidité de l'album. On avait l'habitude d'avoir 3-4 morceaux valables par album de Babyshambles, ici tout se tient presque, on a même de très bons morceaux pour finir, dont Sheepskin Tearaway (encore un vieux morceau) avec Dot Allison, ou Broken Love Song, coécrit avec Wolfman (remember For Lovers?). Coxon se laisse parfois aller dans des paysages sonores parfois Sonic Youthiens (Palace of Bone, New Love Grows On Tree), mais l'ensemble reste étonnamment discret et d'autant plus impressionnant.

Il faut toutefois garder une certaine objectivité, ce n'est pas l'album du siècle non plus. Mais si Doherty continue à se ressaisir, à se montrer en concert (on ne parle plus de ses retards et annulations, maintenant qu'il n'y en a plus...) et à bien choisir ceux qui l'entourent, alors, il reste de l'espoir. Surtout que les Libertines vont probablement se reformer l'an prochain...

13:51 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/04/2009

Yeah Yeah Yeahs - It's Blitz!

Yeah-yeah-yeahs-its-blitzVoici un parfait exemple d'évolution musicale. Apparu dans le paysage rock en même temps que les Strokes et compagnie, les YYY ont systématiquement pris la tangente et sorti des albums diamétralement différents. It's Blitz!, le troisième, sera sans doute connu comme l'album "dance". Non, ce n'est pas une mauvais chose.

Le single d'intro Zero est un punch parfait, fait de la voix sexy de Karen O, de guitares disco et de synthés festifs. Franchement bon, et de bon augure pour la suite. Heads Will Roll et Softshock continuent cette tendance disco-dancey, mais sans jamais tomber dans le facile ou le vulgaire, grâce aux talents des musiciens, car on est loin d'un album électro : la batterie de Brian Chase est énorme de précision (Skeletons, Shame And Fortune) et Nick Zinner est toujours capable d'envoyer des tons de guitares spectaculaires (Dull Life).

Karen O est plus discrète que d'habitude, passant sans problème d'un registre à l'autre, de la déesse post-punk que l'on connaît à ... Debbie Harry. On arrive difficilement à s'ennuyer au cours des 41 minutes qui composent l'album, grâce à la variété des morceaux et des rythmes. Runaway, "ballade", fait évidemment penser à Maps, avec Karen en mode superémotif, mais c'est l'exception dans un album expansif, qui se termine pourtant de manière posée.

Difficile de cerner les Yeah Yeah Yeahs, mais une chose est sûre : ils font exactement ce qu'ils ont envie de faire à l'heure actuelle. It's Blitz! est vraiment excellent, fonctionnant aussi bien sur les pistes de danse que dans un casque, dans le noir. Contrairement à nombre de ses condisciples de la new rock revolution (copyright NME), ils évoluent très bien, et deviennent carrément meilleurs.

Oh, et dans un monde radio dominé par Timbaland et Kanye West, Dragon Queen devrait être un hit immense. Le fait qu'il ne le sera pas est encore plus rafraichissant.

14:19 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/04/2009

The Prodigy - Invaders Must Die

InvadersmustdieLe temps passe, et je continue à suivre des groupes qui m'intéressaient quand j'étais ado. Prodigy est l'un de ceux-là, j'ai vécu leurs premiers succès avec le bourrin mais sympa Music for the Jilted Generation et leur méga domination mondiale (enfin, européenne) avec Fat of the Land. Puis, je n'ai plus jeté qu'une oreille à ce qu'ils font, de manière plutôt nostalgique. Je trouvais Always Outnumbered, Never Outgunned assez moyen en 2004, cet Invaders Must Die est fort différent, notamment grâce au retour des vocalistes Maxim et Keith Flint, exclus du précédent.

De manière assez positive, ils ont (ou plutôt il a, vu que Liam Howlett reste seul maître à bord) réussi à renouveler leur son, il est vrai fort daté (allez y, écoutez Firestarter maintenant. Oui, c'était mieux avant). Plus de claviers rave, moins d'attitude subpunk, l'album peut se laisser apprécier, s'il n'avait pas la subtilité de Wayne Rooney une nuit de weekend. Omen, le premier single est assez dingue, mais les voix reggae de Thunder irritent vite. Keith Flint fait un comeback rageur avec Colours et surtout Take Me to the Hospital ("along came a spiderrrrr") alors que la voix féminine de Warrior's Dance est plus Jilted que Jilted.

Les influences punk refont leur apparition sur Run With The Wolves, qui nous gratifie d'une performance de Dave Grohl très Songs For The Deaf. Très agressif et efficace. Malheureusement, la suite est nettemenrt moins heureuse, Worlds On Fire fait penser à un mauvais tube eurodance alors que le final Stand Up rappelle les pires chansons à boire d'Oasis (All Around The World en pire, même pas drôle).

Malgré quelques bons moments, Invaders Must Die ne se laissera pas réécouter souvent. The Prodigy est un autre groupe qui appartient aux années 90 et qui n'a plus vraiment sa place aujourd'hui. Par chance, ils arrivent encore à sortir de la médiocrité, même s'ils n'ont absolument plus aucune relevance. Better to burn out than fade away, etc etc...

14:49 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2009

Therapy? - Crooked Timber

41MkBCpegPL._SL500_AA240_Il y a très peu de groupes qui font une carrière sans faute. On finit toujours par se ramollir (au mieux), par tenter de se réinventer (Radiohead étant l'exception confirmant la triste règle) ou pire, par devenir totalement inutile et embarrassant (chaussures compensées + grosses lunettes, guitariste à bonnet? Eux.). Le douzième album de Therapy? est un de leurs tous meilleurs, tout en étant, comme souvent, différent de ce qu'ils ont fait auparavant.

Therapy? est un de mes groupes préférés, que je suis depuis pas mal d'années, et qui ne m'ont jamais vraiment déçu. Cependant, les deux derniers albums (Never Apologize Never Explain et One Cure Fits All), tout en étant largement décents, n'apportaient que peu au canon des irlandais. Trois ans après, il fallait sans doute se réinventer, et c'est ce que le groupe a fait, notamment en invitant Andy Gill à la production. Gill, influence majeure de pas mal de monde s'inspirant de son groupe Gang Of Four, a réussi à insuffler une nouvelle dynamique à Therapy? Le groupe sonne très soudé, avec une mention très spéciale à la basse de Michael McKeegan. C'est simple : la basse est l'instrument majeur d'un album à la rythmique aussi impeccable que dévastatrice.

On le remarque d'entrée de jeu avec The Head That Tried To Strangle Itself, ou la dynamique (oui, je me répète) du power trio est poussée à son maximum. Therapy? n'a jamais semblé aussi tight depuis le départ de Martin McCarrick. Il faut donc souligner la place du batteur Neil Cooper : non seulement il rappelle parfois Fyfe Ewing, le légendaire premier cogneur de fûts du groupe, mais il complète McKeegan à la perfection. Reste le dernier membre, Andy Cairns, dont la guitare est donc fatalement parfois en retrait. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer des riffs dantesques et une guitare rythmique idéale. Enfin, Cairns profite du caractère novateur des structures des nouveaux morceaux pour tenter quelques nouvelles choses avec sa voix. Certains diront qu'il chante enfin, je dirai simplement qu'il évolue...

Après le morceau d'intro, suivent carrément deux des meilleurs morceaux jamais enregistrés par T?. Enjoy The Struggle possède une rythmique totalement inouïe alors que Clowns Galore rappelle carrément leurs débuts, et Teethgrinder. Peut-être même en mieux, c'est dire. Cairns est rageur, expédie des solos courts limite industriels, et T?, au risque de me répéter, n'a plus sonné comme ça depuis quelques années. Mais Crooked Timber est assez varié, malgré l'approche bassique (oui, j'ai fait mieux) de l'album : Exiles est étrangement atmosphérique, comme si T? se retrouve signé par Factory Records il y a 25 ans, alors que Crooked Timber commence par une intro au glockenspiel ultramélodique, avant que la basse de McKeegan ne balaye littéralement tout ce qui passe.

On se s'ennuie pas : I Told You I Was Ill pastiche leur tout premier album en ce qui concerne le son de la batterie, pendant que Cairns joue son crooner sur un accord des Ramones. Wow quoi. Somnanbulist et Blacken The Page ramènent un peu le groupe vers leurs influences punk (mais c'est pas Shameless non plus). En fait, c'est tellement varié que s'il n'y avait pas la voix de Cairns, on se demanderait pendant tout l'album de qui il s'agit, surtout avec le morceau suivant. Magic Mountain est 1) un instrumental de dix minutes 2) le truc le plus étrange jamais sorti par T? 3) un morceau qui ne leur ressemble pas 4) un morceau qui ne ressemble à personne d'autre. Parfois un peu répétitif, mais l'intention était là. Enfin, Bad Excuse for Daylight amène un peu de mélodie sur une couche grasse de basse, et clôture un album qui demande qu'on le réécoute immédiatement.

Mon album préféré de 2009 jusque maintenant. Et en plus, il sort en vinyl.

20:43 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24/03/2009

Chris Cornell - Scream

Scream2Chris Cornell, 44 ans. A sorti quelques bons albums avec Temple of the Dog et Soundgarden. Certains morceaux d'Audioslave étaient décents. Son premier album solo, Euphoria Morning, n'était pas mal du tout, le suivant déjà moins. Pour des raisons qui ne regardent que lui, il a décidé de collaborer avec le producteur hip-hop Timbaland pour Scream.

Entendons-nous bien : j'apprécie certains trucs que Timbaland a fait, notamment avec Missy Elliott. Et je ne suis pas non plus un megafan de Soundgarden, sans doute le groupe des big 4 grunge que j'écoute le moins.

Cet album, Scream, est monumentalement mauvais. Timberland a sans doute gardé les beats pour une meilleure occasion, et Cornell n'a plus écrit un morceau décent en quinze ans (d'ailleurs, il y a six ou sept compositeurs. Mais, il y a un mais, je me trompe peut-être totalement, pour une raison simple : pour la première fois depuis que j'écris des conneries sur des disques, je n'ai pas pu écouter l'album entièrement. Mea culpa, mais ce n'était juste physiquement pas possible. Et même s'il y a d'autres choses à dire sur l'album (la pochette, Justin Timberlake, les enchaînements, John Mayer, rien que du solide), il n'en vaut vraiment pas la peine.

PS : le refrain du premier morceau? "That bitch ain't a part of me, oh no, that bitch ain't a part of me".

16:53 Écrit par Denis | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |